Présidentielle USA : Qui est ce très influent Charles Koch ?



Il est la quinzième fortune américaine, selon Forbes, avec un patrimoine de 45 milliards de dollars. Et, depuis longtemps, la némésis des démocrates. S’il fallait un nom pour décrire la relation fascinante qu’entretiennent les milliardaires les plus influents avec Donald Trump, ce serait le sien. Son pouvoir va bien au-delà de ses milliards, il se manifeste souvent sans même que son nom apparaisse. Mardi 13 octobre, on en a encore eu la preuve à deux reprises. Dans la journée, le Sénat auditionait pour la deuxième journée de suite la juge Amy Coney Barrett, choisie par Donald Trump pour remplacer la regrettée Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême. Personne n’a mentionné le milliardaire de Wichita (Kansas). C’est pourtant lui, avec feu son frère David, qui est largement l’artisan de l’OPA conservatrice sur cette institution, ayant mené une triple offensive impressionnante dans l’ampleur et la durée: armada de lobbystes, constellation de think tanks et sponsoring de programmes universitaires.

 Immunité collective

Charles Koch n’était pas déintéressé – il ne l’est jamais. Obsédé à l’idée de déréglementer le pays, il n’a cessé de « pousser » des juges favorables à sa vision, en commençant par le bas de l’échelle judiciaire. La Cour suprême, telle qu’elle existe aujourd’hui, correspond à son vieux rêve: elle est plus pro-business qu’elle ne l’a jamais été. Elle le sera encore davantage avec la confirmation de Barrett.

La deuxième fois où le nom de Koch est revenu sans qu’on le prononce, mardi 13 octobre, est le moment où des officiels de la Maison-Blanche, dans une conférence téléphonique, ont chaleureusement approuvé la « déclaration de Great Barrington » sur l’immunité collective. Ce texte a été adopté par un groupe de scientifiques réunis le 3 octobre à Great Barrington, une charmante bourgade des Berkshires (Massachusetts). Les architectes de cette déclaration, Sunetra Gupta and Gabriela Gomes, sont deux scientifiques qui estiment que les sociétés peuvent atteindre l’immunité collective quand 10 à 20% de leur population a été infectée par le coronavirus. La plupart des épidémiologistes sont violemment en désaccord. Mais la Maison-Blanche s’est ruée sur ce texte anti-confinement.

En y regardant de plus près, ce genre de pétition iconoclaste rappelle beaucoup des intiatives niant le réchauffement climatique: quelques scientifiques connus, d’autres nettement moins réputables, des signatures rassemblées à la va-vite… Et de fait, la ressemblance ne s’arrête pas là: la réunion de Great Barrington a été organisée par l’American Institute for Economic Research (AIER), un think tank libertaire qui fait partie de la mouvance Koch et est propriétaire du site web où a été publiée la déclaration. Le même AIER, faut-il s’en étonner, a été derrière de nombreuses initiatives de déni du changement climatique, sponsorisant des scientifiques bidon ou intéressés (les Koch ont fait fortune dans les énergies fossiles).

Citron pressé

Avec une telle adéquation entre les intérêts de Charles Koch et la présidence de Trump, on pourrait s’attendre à un soutien sonnant et trébuchant du milliardaire à la campagne de 2020. Eh bien, même pas. Qui dit alignement objectif des intérêts ne dit pas dévouement kamikaze. Et Koch, comme de nombreux autres milliardaires, se dit que le canasson Trump a cette fois une trop grosse cote. « Tout ce que je peux vous dire, a confié un familier du Crésus à la chaîne CNBC, c’est qu’il y a une différence claire de style et d’approche ».

Peu importe, au fond: avec une réforme fiscale spécial riches en 2017 et la nomination de 3 juges conservateurs à la Cour suprême et de 218 juges fédéraux, Charles Koch a pressé le citron Trump jusqu’à la dernière goutte. Il peut le bazarder.

Il est la quinzième fortune américaine, selon Forbes, avec un patrimoine de 45 milliards de dollars. Et, depuis longtemps, la némésis des démocrates. S’il fallait un nom pour décrire la relation fascinante qu’entretiennent les milliardaires les plus influents avec Donald Trump, ce serait le sien. Son pouvoir va bien au-delà de ses milliards, il se manifeste souvent sans même que son nom apparaisse. Mardi 13 octobre, on en a encore eu la preuve à deux reprises. Dans la journée, le Sénat auditionait pour la deuxième journée de suite la juge Amy Coney Barrett, choisie par Donald Trump pour remplacer la regrettée Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême. Personne n’a mentionné le milliardaire de Wichita (Kansas). C’est pourtant lui, avec feu son frère David, qui est largement l’artisan de l’OPA conservatrice sur cette institution, ayant mené une triple offensive impressionnante dans l’ampleur et la durée: armada de lobbystes, constellation de think tanks et sponsoring de programmes universitaires.

 Immunité collective

Charles Koch n’était pas déintéressé – il ne l’est jamais.



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