Le groupe l’Occitane perd ses couleurs



A Manosque, personne n’a vraiment été surpris quand la nouvelle est tombée : l’Occitane se « réorganise », a indiqué la direction par communiqué. Tout le monde a compris que cela signifiait que des postes allaient sans doute être supprimés : la direction avance le chiffre de 90 postes sur les 1500 que compte le groupe de cosmétiques en France, 300 sur les 9000 dans le monde. Cela faisait déjà plusieurs mois que l’activité, au siège, avait très sensiblement ralenti. L’annonce a dont été plutôt vécue comme la conséquence logique d’une situation durablement dégradée que comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. « L’an dernier, j’avais reçu l’équivalent d’un 14e et d’un 15e mois en intéressement, soupire une salariée, administrative à Manosque. Tout s’est effondré tellement vite… ». Il est vrai que l’an dernier, le groupe flamboyait : un chiffre d’affaires de 1,6 milliards d’euros, un résultat net de 187 millions d’euros, tous deux en hausse, grâce à des marques bio, naturelles, positionnées haut de gamme, en plein dans l’air du temps. Mais ça, c’était avant le coronavirus…

Chute de 22% des ventes

La pandémie a été rude pour le groupe : au premier trimestre, les ventes ont baissé de 22%. Des 90 pays où le groupe est présent, un seul a réussi à conserver un peu de croissance au cours du printemps : la Chine, puisque la situation s’y est éclaircie bien avant le reste du monde. Partout ailleurs, toutes les marques du groupe ont fléchi, que ce soit l’Occitane, Erborian ou Melvita… Et si le e-commerce a surperformé depuis le début de l’année, les magasins, évidemment, ont trinqué. « Au printemps, les trois quart de nos boutiques étaient fermées partout dans le monde », confirme un dirigeant du groupe. Au 30 juin, déjà, 52 boutiques avaient été fermées par manque de clientèle, essentiellement au Brésil – mais il restait toujours plus de 3500 points de vente dans le monde (dont un peu moins de la moitié gérés en propre par le groupe). 

Absence de touristes

Cette fois, il va sans doute falloir sacrifier beaucoup plus de sites : « Le tourisme international est très impacté par la crise Covid, poursuit le dirigeant, Nos boutiques d’aéroport sont très touchées, mais aussi celles qui sont situées dans toutes les grandes capitales et qui sont essentiellement fréquentées par les touristes. Sans compter les produits en B to B que nous fabriquons pour les chaînes d’hôtellerie : comme la clientèle n’est plus là, ils ne commandent plus rien… ». Pour le moment, le groupe refuse de chiffrer ses annonces de fermetures de boutiques : rien n’est encore totalement acté. « Nous sommes très volontaristes, très optimistes, mais nous voyons bien que la crise va durer, et qu’elle est encore devant nous, reprend le dirigeant, Nous nous réorganisons donc plus rapidement que prévu vers plus de e-commerce. Nous accélérons la transition digitale, et nous baissons les coûts. Bien sûr, il faudra toujours des magasins pour montrer nos produits, nous devons être présents physiquement, mais nous devons nous adapter à une situation très compliquée ». 

Postes administratifs

Pour les suppressions de postes, le groupe – qui affiche depuis sa création des valeurs très humanistes – indique seulement que tous les salariés seront accompagnés, qu’il s’agira de postes administratifs, dans les différents sièges, et que les sites de production de Manosque (Alpes de Haute Provence) et de Lagorce (Ardèche), ne sont pas concernés. Quant aux agriculteurs qui travaillent directement pour le groupe, que ce soit en Provence ou en Corse, leur collaboration n’est pas non plus remise en cause. « Que la Provence n’ait aucune inquiétude : notre engagement environnemental, notre ancrage territorial, c’est notre ADN, le cœur de nos valeurs. Nous croyons plus que jamais que les clients veulent avant tout des soins naturels. Ils accordent de l’attention au prix, évidemment, mais aussi à la qualité environnementale des produits qu’ils achètent, et nous ne remettons aucunement notre positionnement en question ». 

 

A Manosque, personne n’a vraiment été surpris quand la nouvelle est tombée : l’Occitane se « réorganise », a indiqué la direction par communiqué. Tout le monde a compris que cela signifiait que des postes allaient sans doute être supprimés : la direction avance le chiffre de 90 postes sur les 1500 que compte le groupe de cosmétiques en France, 300 sur les 9000 dans le monde. Cela faisait déjà plusieurs mois que l’activité, au siège, avait très sensiblement ralenti. L’annonce a dont été plutôt vécue comme la conséquence logique d’une situation durablement dégradée que comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. « L’an dernier, j’avais reçu l’équivalent d’un 14e et d’un 15e mois en intéressement, soupire une salariée, administrative à Manosque. Tout s’est effondré tellement vite… ». Il est vrai que l’an dernier, le groupe flamboyait : un chiffre d’affaires de 1,6 milliards d’euros, un résultat net de 187 millions d’euros, tous deux en hausse, grâce à des marques bio, naturelles, positionnées haut de gamme, en plein dans l’air du temps. Mais ça, c’était avant le coronavirus…

Chute de 22% des ventes

La pandémie a été rude pour le groupe : au premier trimestre, les ventes ont baissé de 22%. Des 90 pays où le groupe est présent, un seul a réussi à conserver un peu de croissance au cours du printemps : la Chine, puisque la situation s’y est éclaircie bien avant le reste du monde.



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