« Il y avait un angle mort dans nos politiques de repérage, la sphère privée », explique le directeur de l’ARS-IDF


« Ce que l’on a constaté, c’est qu’on avait un angle mort dans nos politiques de repérage », a reconnu jeudi 15 octobre sur France Inter le directeur général de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, Aurélien Rousseau, alors que le gouvernement vient d’annoncer un couvre-feu en Île-de-France et dans huit métropoles. Pour Aurélien Rousseau, cet angle mort, « c’était la sphère privée, les moments festifs ou non festifs »

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« Notre obsession, nous, c’est de ne pas laisser d’angles morts », poursuit-il. « On dit les jeunes, les 20-30 ans, mais ce n’est pas que les jeunes. Ce qui est sûr, c’est qu’on a pu penser un moment que, à la limite, les jeunes se contaminaient entre eux, il n’y avait pas de formes graves, ça pouvait aller comme ça ». Le directeur général de l’ARS d’Ile-de-France évoque désormais deux limites très fortes à cette théorie.

La semaine dernière, pour la première fois, on a eu ce que l’on appelle un passage transgénérationnel.

Aurélien Rousseau, directeur général de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France

à franceinfo

« Chez les plus de 65 ans, l’incidence a explosé, sa progression multipliée par trois. Cela veut dire que la bulle du nombre de contaminés monte et donc ça touche plus de gens et notamment des personnes âgées », explique Aurélien Rousseau.

L’autre alerte notée par les soignants, c’est l’augmentation, en réanimation, de malades qui ne sont pas âgés. « Aujourd’hui, il y a déjà beaucoup de personnes qui ont 40-45 ans qui sont en réanimation avec des formes graves, c’est aussi au nom de tout cela qu’il y a ce discours de transparence et de responsabilisation », explique Aurélien Rousseau.

Aujourd’hui, 60% des clusters se trouvent dans les écoles ou les entreprises. Pourtant, souligne Aurélien Rousseau, ils ne représentent que 10% des contaminations. « Ces clusters, on arrive à les remonter. On identifie mieux dans une entreprise, dans une école, dans une université. Le fait que l’on identifie peu dans les bars, alors que la proportion, notamment chez les plus jeunes, est très forte, cela veut dire que l’on n’arrive pas à trouver, à maîtriser et à passer les messages de prévention ». Les messages de préventions, Aurélien Rousseau les martèle : respect des gestes barrières, éviter les dîners à beaucoup. « On est toujours sur cette ligne de crête. L’idée aujourd’hui, c’est que le pays ne s’arrête pas et qu’on arrive à protéger tout en continuant collectivement à vivre », plaide-t-il.

Aurélien Rousseau estime qu’« il faut attendre entre quinze jours et trois semaines, après les vacances de la Toussaint », pour connaître l’impact du couvre-feu.15 jours à trois semaines, « c’est le délai entre le confinement décidé le 17 mars et le pic au tout début du mois d’avril », a expliqué Aurélien Rousseau.

« Ce que l’on sait c’est que d’ici quinze jours, on sera entre 800 et 1 000 patients en Île-de-France et en réanimation, affirme le directeur de l’ARS-France. Notre capacité initiale est de 1 200, donc on sait qu’on va déprogrammer encore plus. On sait que les soignants vont être sur le pont. On sait que les soignants vont se battre alors qu’ils sont pour beaucoup épuisés. C’est aussi pour eux que ces décisions sont prises ».



francetvinfo

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