Amy Coney Barrett refuse de se prononcer sur l’intimidation des électeurs par des groupes armés


« Je ne peux pas répondre à ce genre de questions ». Comme sur l’IVG ou encore le climat, la juge Amy Coney Barrett, désignée par Donald Trump pour siéger à la Cour Suprême, a refusé de se prononcer clairement sur l’interdiction d’intimider les électeurs dans les bureaux de vote, moins de trois semaines avant un scrutin marqué par un contexte social et sanitaire inédit.

Regardez la vidéo ci-dessous :

La sénatrice démocrate du Minnesota, Amy Klobuchar, l’a questionnée à partir d’exemples se déroulant dans son Etat. « Dans mon Etat, un entrepreneur recrute des’surveillants de vote’ayant une expérience dans les forces spéciales », a-t-elle exposé. Un cas qui n’est pas isolé. En Californie, des groupes d’extrême droite ont manifesté la même attention, s’inquiète le « Los Angeles Times ».IVG, Obamacare, port d’arme : les positions ambiguës de la juge Amy Coney Barrett, choisie par Trump

Une volonté de contrôle alimentée, selon Amy Klobuchar, par la rhétorique du président, qui dénonce depuis plusieurs mois un risque de « fraudes massives » lors de l’élection. « J’appelle mes partisans à aller dans les bureaux et regarder avec attention car c’est ce qu’il va se passer », avait par exemple dit le président républicain pendant le débat avec son adversaire démocrate Joe Biden fin septembre.

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« Une situation hypothétique »

Il avait également provoqué un tollé en appelant les Proud Boys, un groupe d’extrême droite, à se « tenir prêts », au lieu de les condamner. « Nous sommes prêts », lui avait alors répondu Joe Biggs, l’un des chefs des Proud Boys. Par ailleurs, l’équipe de Donald Trump forme actuellement 50 000 personnes à surveiller le scrutin. Des volontaires qu’il appelle son « armée ».

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Dans ce contexte, on comprend mieux la question d’Amy Klobuchar. « Est-il illégal d’intimider un électeur dans un bureau de vote ? », a-t-elle conclu. Réponse de la juge conservatrice :

« Je ne peux pas qualifier des faits dans une situation hypothétique et je ne peux pas appliquer la loi à une situation hypothétique. Je ne peux me prononcer que sur les dossiers dont j’ai la charge, défendus par des parties sur la base des faits, après avoir étudié les précédents, parlé à des collègues et rédigé une synthèse. Donc, je ne peux pas répondre à ce genre de question ».

Amy Klobuchar a insisté, citant le texte de loi qui l’interdit explicitement. « Cette loi fait partie du droit depuis des décennies, a-t-elle fait remarquer, avant de préciser sa question. Une personne raisonnable se sentirait-elle intimidée par la présence de groupes armés dans les bureaux de vote ? »

Mais, là encore, fin de non-recevoir.

« Je ne suis pas sûre que vous vouliez obtenir de moi un point de vue légal, comme vous le savez le principe de personne raisonnable fait partie du droit, ou si vous voulez juste une opinion en tant que citoyenne », a répondu Amy Coney Barrett. « Mais je ne pense qu’il soit approprié pour moi de commenter cette question ».





nouvelobs

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