Les sénateurs se prononcent pour la réouverture des bars et discothèques


L’exécutif n’y avait sûrement même pas songé… Alors que de nouvelles mesures de restrictions pourraient être annoncées ce mercredi 14 octobre au soir par Emmanuel Macron, le Sénat a entamé mardi soir l’examen en première lecture du projet de loi prolongeant les moyens « exceptionnels » aux mains du gouvernement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

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Et de manière inattendue, les élus de la Chambre des territoires ont voté à main levée un amendement PS proposant de supprimer pour le gouvernement la faculté d’imposer la fermeture provisoire d’une ou plusieurs catégories d’établissements recevant du public, en ne maintenant que la possibilité d’une réglementation de leur accès. Autrement dit : ils ont voté la réouverture des bars et discothèques.

Position démagogique à l’heure où le pays doit faire face à la deuxième vague de l’épidémie ? Ou mesure nécessaire visant à limiter l’empiétement sur les libertés publiques au nom de l’état d’urgence sanitaire ? Les débats ont opposé les sénateurs mardi soir.

« Approche plus respectueuse des libertés »

Le texte examiné liste une série de mesures que le chef de l’Etat pourra appliquer : fermeture des lieux recevant du public, régulation de la circulation des citoyens, limitation du droit de manifester, création de fichiers informatiques sanitaires, etc. Et c’est là une ligne rouge qui ne devrait pas être franchie pour les élus de gauche. « Non à la fermeture, oui à la réglementation », résume la sénatrice socialiste Marie-Pierre de la Gontrie.

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« Il n’est pas acceptable de faire perdurer la possibilité, pour les pouvoirs publics, de prononcer des interdictions absolues. Au contraire, il convient de privilégier une approche individualisée et plus respectueuse des libertés » peut-on lire dans l’amendement en question.

Agacé par la tournure des débats, le ministre de la Santé Olivier Véran a résumé l’affaire :

« Vous avez voté une disposition qui interdit d’office et d’emblée la fermeture de l’ensemble des ERP par catégorie. Si elle devait être appliquée, elle empêcherait de fermer un établissement, y compris dans les zones d’alerte maximale. Il ne restera que la possibilité, pour un préfet, de fermer a posteriori. Vous votez la réouverture des bars, des discothèques, dans toutes les villes de France. C’est un fait. C’est ce que vous avez voté. »Couvre-feu, télétravail, transports… ce que Macron pourrait annoncer ce soir

La mesure n’a toutefois quasiment aucune chance d’être adoptée in fine. Le rapporteur du texte a d’ores et déjà demandé une seconde délibération sur cet amendement. Et même s’il était revoté en l’état, les députés auront ensuite tout le loisir de la retirer du texte lors de l’examen en seconde lecture.





nouvelobs

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