les positions ambiguës de la juge Amy Coney Barrett, choisie par Trump


Si elle a juré tenir sa foi à l’écart de son travail de juge, la magistrate Amy Coney Barrett, choisie par Donald Trump pour entrer à la Cour suprême, a refusé de livrer son opinion sur une série de sujets brûlants lors de son audition de confirmation au Sénat américain lundi et mardi, à commencer par le droit des Américaines à avorter.

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Au contraire, cette fervente catholique de 48 ans, opposée à titre personnel à l’avortement, a laissé entendre, devant les sénateurs chargés de confirmer sa nomination, que l’arrêt de la haute Cour ayant reconnu ce droit en 1973 n’était pas gravé dans le marbre.

« Ça ne veut pas dire qu’il doit être annulé », a toutefois pris soin d’ajouter la magistrate.

« Inquiétant de ne pas avoir de réponse claire »

Pressée par plusieurs élus démocrates de donner son opinion sur la question de l’avortement, elle a botté en touche. « Que je dise que je l’aime ou le déteste, cela va envoyer un signal », a-t-elle justifié, avant de se dérober de la même manière sur le sujet des armes à feu, ou la légalisation du mariage homosexuel.

La doyenne démocrate au Sénat, Dianne Feinstein, a jugé « inquiétant de ne pas avoir de réponse claire », mais s’est gardée de renouveler les critiques qu’elle avait émises il y a trois ans lors d’une première audition de Amy ConeyBarrett.

« Le dogme religieux vit bruyamment en vous », avait-elle alors lancé. La formule s’était retournée contre elle et avait accru l’aura de la juge dans les milieux chrétiens traditionalistes.

Obamacare en jeu ?

Alors que les démocrates ont choisi l’angle d’attaque de la santé, thématique de campagne cruciale dans un pays meurtri par la pandémie de Covid-19, les républicains « ont besoin d’un juge supplémentaire nommé par Trump avant le 10 novembre pour invalider totalement l’Obamacare », a déclaré la sénatrice Kamala Harris.

Effectivement, à cette date, la Cour suprême doit examiner un recours contre la loi emblématique de l’ex-président Barack Obama qui a donné une assurance médicale à des millions d’Américains.

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Là encore, la juge a adopté une position ambiguë. Lorsque Kamala Harris lui a demandé si elle savait avant d’être nommée que Donald Trump avait promis de choisir uniquement des juges susceptibles d’annuler cette loi. « Je ne me rappelle pas », a répondu la magistrate.

« Je ne suis pas hostile » à l’Obamacare, ni « en mission pour la détruire », avait-elle assuré auparavant.

« Je ne me laisserai pas utiliser comme pion »

La juge a martelé son indépendance, répétant à plusieurs reprises « ne pas avoir d’objectifs » politiques. « Mon chef c’est l’Etat de droit », a-t-elle encore juré. Plus largement, elle a dit n’avoir pris « aucun engagement » avec la Maison-Blanche ou le Sénat sur la manière dont elle trancherait les dossiers sensibles, y compris de possibles litiges électoraux.

« Je ne me laisserai pas utiliser comme pion dans cette élection », a-t-elle déclaré.Trump face aux cathophobes

Au contraire, les sénateurs démocrates ont estimé qu’Amy Coney Barrett avait été mise en orbite par de riches lobbies conservateurs. Cette audition « est un théâtre de marionnettes » et « des forces externes tirent les ficelles », a ainsi déclaré Sheldon Whitehouse.

Elle s’en tire « incroyablement bien », a jugé de son côté Donald Trump, mardi soir lors d’une séance marathon de questions-réponses. Même son de cloche de la part des élus républicains de la commission judiciaire du Sénat qui dépeignent une juge « brillante », une « femme exceptionnelle ».





nouvelobs

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