Couvre-feu, télétravail, transports… ce que Macron pourrait annoncer ce soir


« L’heure est grave », va expliquer Emmanuel Macron aux Français ce mercredi soir. Le chef de l’Etat répondra aux questions lors d’une interview télévisée de 45 minutes, à partir de 19h55 sur TF1 et France 2. Et annoncera de nouvelles mesures contraignantes afin de ralentir la progression de l’épidémie dans les grandes villes où le Covid-19 s’emballe.

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Depuis plusieurs jours, l’exécutif ne cesse de distiller des messages alarmistes sur le regain de l’épidémie de coronavirus qui menacerait de submerger le système de santé, notamment à Paris où la situation est jugée « dramatique », selon plusieurs sources. Les derniers chiffres montrent encore une augmentation globale du nombre de personnes en réanimation (1 633 pour une capacité actuelle nationale d’environ 5 000 lits) et 84 décès en 24 heures, avec un bilan global de près de 33 000 morts en sept mois.

« L’idée est celle d’un électrochoc, d’un discours ferme », selon un conseiller.

Mais dans la panoplie de restrictions à sa disposition, lesquelles Emmanuel Macron retiendra-t-il ? « Toutes les options sont sur la table », répond son entourage.

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Pas de reconfinement

La priorité reste plus que jamais « d’éviter un reconfinement général » pour ne pas remettre l’économie et la vie sociale à l’arrêt. A priori, tout reconfinement national ou local, apparenté à l’arme ultime, semble donc écarté à ce stade.

Un couvre-feu ?

Le chef de l’Etat pourrait décider d’imposer des couvre-feux, avec interdiction de sortir entre le soir et le petit matin, comme en Guyane ou durant le printemps à Mulhouse.

Un couvre-feu permettrait de limiter les déplacements nocturnes, donc les réunions de famille ou d’amis, en particulier chez les jeunes, dont les fêtes dans des lieux privés, très difficiles à contrôler, sont autant de clusters potentiels.

« En cas de couvre-feu, tous les acteurs seront concernés. Comment expliquer à un restaurateur qui doit fermer qu’un théâtre peut rester ouvert ? Ce sera extrêmement clair », assure son entourage, ajoutant qu’il faut des mesures « bien plus longues » que pour 15 jours.

« La différence du nombre de morts se chiffre par dizaines de milliers selon les choix qui seront faits. Y compris l’horaire d’un couvre-feu compte : une heure change la donne », souligne l’entourage du chef de l’Etat.

« Des villes de différentes tailles seront concernées par ces mesures, en fonction de la circulation du virus », ajoute la même source.Vers un couvre-feu à Paris ? Ce que nous apprend l’expérience de la Guyane

« Si la situation sanitaire le justifie, si la protection des Français doit passer par des mesures de couvre-feu dans certaines métropoles, nous y serons favorables », a déjà annoncé le patron des députés LR Damien Abad. Le député PS Boris Vallaud, lui, a appelé à « un maximum de concertation », car une « gestion erratique et non concertée, c’est le risque de la jacquerie ».

Le retour du télétravail ?

Le curseur pourrait aussi bouger sur le recours au télétravail, la régulation des transports ou encore l’ouverture de lieux publics le soir.

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Pas de changement dans les écoles

Les dispositions actuellement en vigueur pour les écoles, collèges et lycées devraient être prolongées, comme l’a indiqué mardi soir le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer. « Dans les écoles, collèges et lycées, la situation est sous contrôle », a affirmé le ministre.

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Protéger les emplois

Les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration se sont alarmés mardi soir d’un possible couvre-feu qui, selon eux, « condamnerait à la faillite des milliers d’établissements ». Ce secteur fait partie des professions durement éprouvées par la crise qui a également plongé des centaines de milliers de personnes supplémentaires dans la pauvreté.

Le président sera donc aussi attendu sur ce terrain. « Les Français ont autant peur pour leur santé que pour leur emploi. Il faut parler des deux », relève un proche du président, qui pointe aussi le besoin de visibilité, « à moyen et long terme », c’est-à-dire sur « six à huit semaines », de la population.

Un appel à la responsabilité

Le même résume aussi le dilemme actuel : « le gros problème c’est que les lieux de diffusion du virus sont d’abord des lieux privés » où se rassemblent notamment les jeunes qui diffusent le plus le virus, et sur lesquels l’exécutif n’a que très peu de prise juridique.

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« On appelle à la responsabilité des gens mais dans un cadre très fouillis », regrette pour sa part un cadre de la majorité, en épinglant la communication parfois floue au sommet de l’Etat.

Après un conseil de défense sanitaire et un déjeuner mardi entre le chef de l’Etat et son Premier ministre, Jean Castex a réuni mardi soir à Matignon une dizaine de ministres. Mais la clé reste entre les mains d’Emmanuel Macron qui, comme le souligne l’un de ses proches, « jusqu’au bout adaptera son discours et prendra la température ».

Les mesures qu’annoncera le président devraient être mises en place très rapidement car « chaque jour compte ».





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