Le prix Nobel d’économie attribué à un gourou des enchères



Un Nobel d’économie, créateur de start-up, ce n’est pas très courant. L’Académie royale des sciences suédoise a attribué aujourd’hui son prestigieux prix à l’économiste et entrepreneur Paul Milgrom, 72 ans, ainsi qu’à son ancien directeur de thèse, Robert Wilson, 83 ans. Les deux Américains, professeurs à Stanford, ont été récompensés pour leurs travaux fondateurs sur les mécanismes d’enchères, dérivés de la théorie des jeux. « Ils ont utilisé leurs connaissances afin d’imaginer de nouveaux formats d’enchères pour des biens et des services qui sont difficiles à vendre de manière traditionnelle, précise l’Académie. Leurs découvertes ont bénéficié à des vendeurs, acheteurs et contribuables du monde entier. » Elles ont aussi fait les affaires de Paul Milgrom, à la tête de sa propre start-up.

Diplômé de mathématiques et de statistiques, titulaire d’un doctorat de microéconomie à Stanford, Milgrom a enseigné à Yale dans les années 1980 avant de retourner au sein de l’université californienne, où il a rencontré son épouse, Eva Meyersson, sociologue d’origine suédoise. C’est au mitan des années 1990 que l’économiste est devenu célèbre. A l’époque, la Commission fédérale américaine des communications (FCC) cherche un moyen efficace d’attribuer des fréquences radio aux opérateurs télécoms. Jusqu’alors, elle les distribuait via une loterie aléatoire, peu satisfaisante pour les entreprises et ne générant aucun revenu pour la puissance publique. Paul Milgrom et son mentor Robert Wilson sont alors approchés par l’un des candidats, Pacific Bell, pour imaginer un nouveau format. Les deux hommes conçoivent un système d’enchères en plusieurs tours pour attribuer simultanément les fréquences dans les différentes zones géographiques.

Une start-up au service de grands groupes privés

Le dispositif est retenu par la FCC pour ses prochaines ventes, qui vont rapporter 20 milliards de dollars à l’administration en deux ans, deux fois plus que le montant prévu au départ. Ce format a depuis inspiré de nombreux pays, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou la Suède, et généré 200 milliards de dollars de recettes dans le monde. Devenu une star mondiale, Paul Milgrom se lance dans les affaires et développe un logiciel qui aide les candidats aux enchères à optimiser leurs propositions de prix. Selon The Economist, Milgrom permet ainsi, en 2006, à un consortium emmené par les câblo-opérateurs Time Warner et Comcast, d’arracher des fréquences mobiles pour un prix inférieur d’un tiers à celles obtenues par leurs concurrents. A la clef, une économie estimée à 1,2 milliard de dollars.

Dans la foulée, Paul Milgrom s’associe avec une jeune diplômée de Stanford d’origine italienne, Silvia Console Battilana, pour monter sa propre société de conseil et de logiciels, baptisée Auctionomics. Basée à Palo Alto dans la Silicon Valley, la start-up emploie aujourd’hui une vingtaine de salariés. Elle conseille à la fois les régulateurs publics des télécommunications, comme la FCC, qui cherchent à maximiser les enchères, et les opérateurs privés, qui, eux, veulent minimiser le prix d’achat des fréquences. Le site Web de l’entreprise mentionne également parmi ses clients le Trésor américain et des géants de la Tech. Paul Milgrom a ainsi assisté les dirigeants de Google sur le design de leur introduction en Bourse, et ceux de Yahoo et Microsoft sur des mécanismes de vente de publicités en ligne. Autant dire que le nouveau prix Nobel d’Economie est loin d’être déconnecté du monde du business.  

Un Nobel d’économie, créateur de start-up, ce n’est pas très courant. L’Académie royale des sciences suédoise a attribué aujourd’hui son prestigieux prix à l’économiste et entrepreneur Paul Milgrom, 72 ans, ainsi qu’à son ancien directeur de thèse, Robert Wilson, 83 ans. Les deux Américains, professeurs à Stanford, ont été récompensés pour leurs travaux fondateurs sur les mécanismes d’enchères, dérivés de la théorie des jeux. « Ils ont utilisé leurs connaissances afin d’imaginer de nouveaux formats d’enchères pour des biens et des services qui sont difficiles à vendre de manière traditionnelle, précise l’Académie. Leurs découvertes ont bénéficié à des vendeurs, acheteurs et contribuables du monde entier. » Elles ont aussi fait les affaires de Paul Milgrom, à la tête de sa propre start-up.

Diplômé de mathématiques et de statistiques, titulaire d’un doctorat de microéconomie à Stanford, Milgrom a enseigné à Yale dans les années 1980 avant de retourner au sein de l’université californienne, où il a rencontré son épouse, Eva Meyersson, sociologue d’origine suédoise. C’est au mitan des années 1990 que l’économiste est devenu célèbre. A l’époque, la Commission fédérale américaine des communications (FCC) cherche un moyen efficace d’attribuer des fréquences radio aux opérateurs télécoms. Jusqu’alors, elle les distribuait via une loterie aléatoire, peu satisfaisante pour les entreprises et ne générant aucun revenu pour la puissance publique. Paul Milgrom et son mentor Robert Wilson sont alors approchés par l’un des candidats, Pacific Bell, pour imaginer un nouveau format. Les deux hommes conçoivent un système d’enchères en plusieurs tours pour attribuer simultanément les fréquences dans les différentes zones géographiques.

Une start-up au service de grands groupes privés



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