Face au Covid, des VTC réclament des aides à Bercy



Plusieurs dizaines de VTC ont bloqué une portion des voies de circulation près du ministère de l’Économie, lundi à Paris, où les chauffeurs réclamaient des aides pour faire face à la crise due au Covid-19, qui affecte leur activité, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Des miettes, on en a ras-le-bol. On ne veut pas être reçu (par Bercy) pour être reçu, on veut des annonces, un retour concret sur nos revendications », a déclaré Brahim Ben Ali, secrétaire général de l’Intersyndicale nationale VTC (INV), qui revendique près de 1.400 adhérents.

« On a des mesurettes. On doit se contenter de 1.500 euros (par mois) et il faut justifier de son chiffre d’affaires de l’année dernière », a-t-il protesté, en dénonçant la « précarité sociale » de la profession de conducteur de VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur). « Il y a une détresse tout simplement », a ajouté M. Ben Ali, avant que les chauffeurs ne lancent un concert de coups de klaxons et de pétards.

Fonds de solidarité « insuffisant »

Jugeant « insuffisant » le fonds de solidarité mis en place par le gouvernement pour aider les entreprises particulièrement touchées par la crise, l’INV estime dans un communiqué que ce fonds ne réussira pas à « sauver les très petites entreprises ».

Pour les VTC, l’INV réclame notamment le « gel des cotisations sociales » et de « tous les prélèvements » (crédits bancaires, location de voiture, assurances…). Elle demande aussi une « prime Covid-19 à hauteur de 4.000 euros cumulable avec les autres aides existantes ou à venir » ou encore « l’intégration des VTC dans la liste S1 » des secteurs les plus durablement touchés par la crise sanitaire, avec effet « rétroactif ».

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« C’est à cause de la casse de notre métier qu’on est là », a résumé auprès de l’AFP Sana Fekhar, responsable communication de l’INV, conductrice de VTC « depuis bientôt trois ans ». « Pour moi, c’est très compliqué depuis le Covid. Il y a une baisse nette d’activité sur l’Ile-de-France. Avec toutes les restrictions, la fermeture des bars, les annulations d’événements, il ne reste pas grand-chose pour faire du chiffre d’affaires », a-t-elle déploré.

Un rendez-vous est prévu mercredi avec le directeur de cabinet du ministre délégué aux PME Alain Griset, mais M. Ben Ali « refuse d’être reçu si c’est pour discuter, sans aucune annonce concrète ».

Prêt à « rester jusqu’à ce (lundi) soir » à Bercy, M. Ben Ali envisageait de « bloquer des grands axes » de circulation mardi à Paris.

(Avec AFP)



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