Pour Barbara Pompili, les néonicotinoïdes « sont des saletés » dont nous sommes « quasiment débarrassés »


En 2016, elle se battait pour l’interdiction des néonicotinoïdes, ces pesticides « tueurs d’abeilles ». Quatre ans plus tard, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili doit désormais défendre leur réautorisation, limitée aux semences de betteraves face aux difficultés du secteur. Critiquée, la ministre s’est justifiée ce jeudi 8 octobre sur Franceinfo, rappelant qu’il ne s’agissait là que d’une dérogation.

« Il y a quatre ans, j’étais bien seule à défendre cette interdiction », s’est-elle défendue. « Je suis très heureuse qu’on l’ait votée et qu’aujourd’hui, on se soit quasiment complètement débarrassés de ces saletés, puisque ce sont des saletés ».

Pour la ministre, les difficultés rencontrées par le secteur de la betterave sont un « obstacle » qu’on essaie de franchir « pour ne pas tuer complètement une filière en France ».

« C’est un combat, parce qu’il faut changer les habitudes, parce qu’il y a des modes agricoles qui [ont été] encouragés pendant des années et qui ont emmené les agriculteurs dans le mur. »

LIRE AUSSI > Interdiction des néonicotinoïdes : ça tombe bien, les alternatives existent !

« On ne change pas en cinq minutes, j’ai poussé pour qu’on puisse changer le plus rapidement possible », rappelle-t-elle.

« Un point qui pose problème »

Face aux critiques, la ministre martèle : « On ne va pas réintroduire [les néonicotinoïdes], on a juste quelques dérogations ultraciblées pour une filière agricole. On se donne juste un tout petit peu de temps pour un point qui pose problème. »

Macron peut-il se recycler en écolo ?

Dimanche sur BFMTV, elle évoquait déjà une utilisation du pesticide qui se fera « le moins longtemps possible ». « Les filières vont devoir travailler très vite à trouver les alternatives parce qu’après, ça sera terminé », prévenait-elle.

L’Assemblée nationale a voté, dans la nuit de lundi à mardi, la disposition clé du projet de loi permettant la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes pour sauver la filière betterave, « un texte difficile, important, qui ne veut pas opposer économie et écologie », selon le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie.

Le texte ne revient pas sur l’interdiction en vigueur depuis 2018, mais s’appuie sur le règlement européen sur les phytosanitaires qui permet d’y déroger, potentiellement jusqu’en 2023.





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire