Le mot de l’éco. OPA, offre publique d’achat


Engie, l’actionnaire principal de Suez, a finalement accepté de vendre ses parts à Veolia, malgré le désaccord de l’Etat. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Toute la semaine franceinfo vous a parlé de la tentative d’OPA de Veolia avec le rachat de 30% de Suez, contre son gré, depuis un mois de guerre des nerfs. La justice a suspendu l’acquisition par Veolia des parts d’Engie dans Suez, ce vendredi 9 octobre. Veolia va devoir se montrer patient. Engie et Veolia vont faire appel de cette décision de justice. C’est donc l’occasion de se pencher sur ce dispositif qui permet à une entreprise d’en racheter une autre, cotée en Bourse, parfois donc contre sa volonté.

C’est là que l’on parle d’OPA hostile, le contraire d’une offre publique d’achat amicale. Une OPA est obligatoire dès qu’une entreprise convoite 30% ou plus du capital d’une autre entreprise. Elle doit signifier aux marchés financiers qu’elle s’apprête à racheter donc tout ou partie d’une autre boite. Et ensuite, elle doit fixer le prix d’achat par action. Si l’objet de la convoitise est d’accord, cela s’appelle donc une OPA amicale. Si ce n’est pas le cas, que son conseil d’administration est contre, c’est là qu’on parle d’OPA hostile.  

Dans le dossier Suez-Veolia, le conseil de SUEZ s’est prononcé contre ce rachat mais vous avez vu que cela n’a pas suffi parce que le prix était alléchant pour l’actionnaire qui vendait ses parts, à savoir, l’énergéticien Engie. Et souvent d’ailleurs, c’est le prix qui, au final, fait pencher la balance et balaye les réticences. C’est ce qui s’est passé en 2006. L’indien Mittal a fini par faire plier le français Arcelor au terme de 5 mois de bataille acharnée en relevant le prix d’achat à un niveau difficile à refuser.  

Dans les faits, c’est très compliqué. Certaines entreprises ont mis en place des garde-fous pour dissuader les OPA : la raison d’être dans leurs statuts, la mise en place des droits de vote double pour privilégier les actionnaires historiques. L’ex-député de la majorité, Pierre Person, vient de déposer une proposition de loi pour les interdire en période d’urgence sanitaire mais son texte a très peu de chance d’être adopté.  

Depuis 2010, on compte seulement 6 OPA hostiles sur un total de 350 offres, Parmi elles, le rachat du site seloger.com par le groupe de presse allemand Alex Springer. Ou encore, un des derniers en date, celui de l’éditeur de jeu sur mobile Gameloft par Vivendi. Le groupe de Vincent Bolloré, Vivendi, visiblement prêt à lancer une nouvelle OPA hostile, sur Lagardère cette fois. Vivendi vient en effet de monter encore au capital du groupe de presse et d’édition et détient désormais plus de 26%. Après Suez-Veolia, dont l’OPA est pour le moment suspendue, ce sera peut-être la nouvelle guerre industrielle à suivre.



FranceTVinfo

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