L’Assemblée adopte la proposition de loi allongeant le délai légal de l’IVG


L’Assemblée nationale a adopté ce jeudi 8 octobre la proposition de loi permettant notamment l’allongement du délai légal pour recourir à l’avortement. Il passerait de 12 à 14 semaines de grossesse.

Porté par le groupe EDS (Ecologie, démocratie, solidarité), le texte a été adopté par 86 voix pour, 59 contre, et 7 abstentions à l’issue de débats houleux qui ont duré 10 heures. Il était soutenu par le groupe LREM et par l’ensemble de la gauche.

TRIBUNE. « Il faut allonger les délais de l’IVG ! »

Le gouvernement, considérant qu’il s’agissait d’un « thème sensible », s’en était remis à la « sagesse » des députés. C’est désormais au tour du Sénat de l’examiner.

« Nous attendons que les femmes puissent vivre leur accès à l’avortement comme elles le souhaitent. Les entraves continuent dans notre pays », a tonné l’élue LREM Aurore Bergé.

Des IVG chirurgicales par les sage-femmes

Du fait d’un manque de praticiens et de la fermeture progressive de centres IVG, il s’écoule souvent plusieurs semaines entre le premier rendez-vous et l’intervention. Chaque année, entre 3 000 et 4 000 femmes « hors délai » partiraient avorter à l’étranger, selon un rapport parlementaire publié en 2000.

« Les femmes les plus précaires font des IVG plus tardivement, à cause d’un manque d’accès à l’information et de grandes disparités territoriales », expliquait à « 20 Minutes » Albane Guillot, députée du groupe EDS et ex-LREM, se référant aux données de la Drees (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques du ministère de la Santé).

Sa proposition de loi faisait suite à un rapport parlementaire de la délégation aux Droits des femmes de l’Assemblée qui préconisait cette mesure sur le délai de l’IVG

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Le texte propose également de permettre aux sages-femmes de réaliser des IVG chirurgicales jusqu’à la dixième semaine de grossesse et de supprimer la clause de conscience spécifique à l’IVG pour les médecins, des demandes récurrentes d’associations féministes pour garantir « un égal accès à l’IVG » sur tout le territoire.





nouvelobs

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