Record de contestataires chez LREM lors du vote sur le retour des néonicotinoïdes


C’est peu dire que le sujet fracture la majorité. Si l’Assemblée nationale a donné son feu vert à la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes afin de sauver la filière betteraves, ce mardi 6 octobre, c’est au prix d’un record dont LREM se serait bien passé. 32 députés LREM ont voté contre et 36 se sont abstenus ; seuls 175 des 271 membres du groupe macroniste ont voté en faveur du texte. Du jamais vu dans la majorité.

Le précédent record de « fronde » avait été atteint en juillet 2019, lors de la ratification du traité de libre-échange entre l’UE et le Canada (Ceta), lorsque neuf députés LREM avaient voté contre et 52 s’étaient abstenus.

Une dérogation jusqu’en 2023

Au total, l’Assemblée a validé le projet de loi sur les néonicotinoïdes par 313 voix pour, 158 contre et 56 abstentions. L’ensemble de la gauche a voté contre, une majorité des LR et MoDem pour, mais la plupart des groupes se sont partagés.

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Afin de lutter contre la « jaunisse » de la betterave qui affecte les rendements, le texte prévoit une dérogation pour l’utilisation de ces insecticides tueurs d’abeilles jusqu’en 2023, la création d’un conseil de surveillance et l’interdiction, sur des parcelles où ont été utilisés des néonicotinoïdes, d’implanter des cultures attirant les abeilles afin de ne pas les exposer.

Un « renoncement » pour les écologistes

Dénoncé comme « un renoncement » ou une faute par la gauche et les écologistes, le retour des néonicotinoïdes est la seule « alternative », selon le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie qui fait de la survie de la filière betteraves un enjeu de « souveraineté » agroalimentaire.

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Si le député LREM de la Creuse Jean-Baptiste Moreau a estimé mardi que le projet de loi était une « réponse pragmatique à la situation catastrophique dans laquelle se trouve la filière de la betterave française », confrontée à une « impasse technique monumentale », la députée Ecologie Démocratie et Solidarité (EDS) Delphine Batho a fustigé un « vote qui tourne le dos à des années de travail, à des années de combat avec les apiculteurs (…) qui se sont mobilisés pour interdire les néonicotinoïdes » et un « impact monstrueux de ces poisons ».





nouvelobs

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