Macron se rend dans les villages du Sud-Est ravagés par les crues


Tende, Breil-sur-Roya, Saint-Martin-Vésubie : cinq jours après les pluies torrentielles qui ont frappé ces trois villages et tout le haut-pays niçois, Emmanuel Macron se rend sur place ce mercredi 7 octobre afin d’apporter son soutien aux habitants traumatisés par les destructions. « La nation sera là, présente, dans la durée. Car la nation n’abandonne aucun de ses territoires, aucun de ses enfants », a écrit le chef de l’Etat dans un message sur Facebook.

Au moins quatre morts dans les Alpes-Maritimes après le passage de la tempête Alex

« L’Etat sera au rendez-vous », avait d’ores et déjà insisté mardi le Premier ministre Jean Castex, en annonçant la venue du président de la République. « Il n’est pas question que seules les collectivités territoriales impactées supportent les conséquences » de ces crues exceptionnelles, a-t-il ajouté.

(Facebook / Emmanuel Macron)

Au-delà du bilan purement humain, avec au moins quatre morts, huit personnes disparues et treize autres « supposément disparues » dans cette région du sud-est de la France, ce sont trois vallées – la Roya, la Vésubie et la Tinée – qui ont été ravagées par les eaux en colère après des intempéries, qui ont frappé jusqu’en Italie, avec deux morts dans le Val d’Aoste et le Piémont.

Plus d’un milliard d’euros de dégâts

Maisons englouties ou éventrées par dizaines, routes coupées et sans doute impraticables pendant de longues semaines, réseaux d’eau potables anéantis : chaque jour le bilan matériel ne cesse d’enfler dans les Alpes-Maritimes, avec ses côtés macabres, comme ces cimetières ravinés à Tende ou Saint-Martin-Vésubie et leurs dizaines de cercueils emportés par les eaux.

Mardi soir, trois foyers sur quatre avaient cependant retrouvé de l’électricité, seuls 3 000 d’entre eux restant encore sans courant, selon les derniers chiffres du gestionnaire du réseau Enedis. Une certitude selon Jean Castex mardi : remettre à niveau ces infrastructures nécessitera des sommes significatives.

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A ce stade, le montant des dégâts estimé par les services de la Métropole Nice Côte d’Azur –dont dépendent les vallées de la Vésubie et de la Tinée – est déjà de 600 millions d’euros pour ce qui relève de la seule maîtrise d’ouvrage métropolitaine.

Du côté du département des Alpes-Maritimes, on avance le montant de 500 millions d’euros pour les seules routes départementales, et on estime que 1 500 acteurs économiques vont être mis en difficulté, dans des vallées vivant essentiellement du tourisme.

L’attente est grande face à l’Etat

Après une après-midi au plus près des zones touchées, à Tende puis Breil-sur-Roya et enfin Saint-Martin-Vésubie, où hélicoptères, engins de chantier et secouristes s’activent pour aider les sinistrés, le chef de l’Etat terminera sa visite en soirée par le centre opérationnel départemental installé à la préfecture de Nice.

Les attentes sont fortes sur le terrain, face à un gouvernement qui devrait déclarer « l’état de catastrophe naturelle » pour les territoires concernés mercredi matin, en conseil des ministres, facilitant ainsi les indemnisations par les assurances entre autres.

« La reconstruction doit se faire vite, un an, deux ans maximum, pour tout rétablir », plaidait mardi le président LR du conseil départemental, Charles-Ange Ginesy. « Il faut redonner espoir à ces populations en leur donnant les conditions de sécurité », a-t-il estimé, en expliquant qu’il demanderait 250 millions d’euros à l’Etat pour la prévention des risques, dans une zone qui selon lui va devoir s’adapter au changement climatique.

Christian Estrosi, maire de Nice et président de la métropole niçoise, a lui averti qu’il entendait demander au président de la République « la mise en œuvre rapide » de nombreux dégrèvements d’impôts, de taxes et de cotisations pour « tous les particuliers et les entreprises touchés ».

Mais du côté des habitants aussi l’attente est grande face à l’Etat. « L’avenir est compromis », redoutait Morgane, 25 ans, mardi, isolée avec son fils de 2 ans dans le village de Saorge, dans la vallée de la Roya, et inquiète face à la perspective de perdre son emploi à Tende : « Avant que la route ne soit refaite, il y en a pour six mois. Et dans six mois, est-ce que j’aurai encore un poste ? »





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