les enquêteurs commencent à douter de la version de la jeune femme



Les enquêteurs ont épluché 50 heures de vidéo, sans succès. L’étudiante strasbourgeoise maintient sa version.

La police doute de la parole de l’étudiante strasbourgeoise qui avait affirmé en septembre avoir été agressée parce qu’elle portait une jupe, rapporte mercredi 7 octobre France Bleu Alsace. En l’état des investigations, les enquêteurs manquent de preuve.

À ce jour, ces derniers ne disposent d’aucun élément matériel confirmant que trois hommes ont agressé au visage la jeune femme le 18 septembre parce qu’elle était en jupe. Elisabeth avait témoigné sur France Bleu Alsace quelques jours après les faits. Concernant le lieu de l’agression, elle leur avait donné une première adresse : quai des Alpes. Après visionnage des images des caméras de vidéosurveillance, rien ne prouve ses dires.

Les enquêteurs ont de nouveau rencontré la jeune femme qui a cette fois précisé qu’elle s’était trompée, elle était plus proche de son domicile. Les enquêteurs ont donc examiné d’autres caméras et épluché 50 heures de vidéo : un travail colossal pour une affaire comme celle-là selon un policier. Mais là encore, sur les images, on ne voit ni Elisabeth, ni les trois hommes.

Autre fait troublant, pour les enquêteurs, Elisabeth explique qu’une quinzaine de personnes ont assisté à la scène mais personne ne lui est venue en aide ou n’a appelé les secours. L’appel à témoins n’a rien donné non plus. Autant d’éléments qui amènent les enquêteurs à douter sérieusement de son témoignage.

Elisabeth, contactée ce mercredi par France Bleu Alsace, affirme dire la vérité : « Est-ce que je me suis réveillée comme ça avec d’un œil au beurre noir ? » Elle se dit abasourdie par la violence de certains commentaires sur les réseaux sociaux.

L’enquête se poursuit. Pour l’instant, Elisabeth est la seule à avoir été entendue dans cette affaire. Elle fait partie du groupe Stras Défense, collectif controversé créé cet été sur Facebook qui se présente comme apolitique et lutte contre le harcèlement de rue. 

A la suite de cette agression, Marlène Schiappa, la ministre déléguée chargée de la citoyenneté, à l’origine en 2018 d’une loi contre le harcèlement de rue, avait annoncé à Strasbourg le recrutement de 80 « intervenants sociaux » supplémentaires d’ici fin 2021 dans les commissariats et gendarmeries pour « renforcer l’accompagnement » des femmes victimes de « violences sexistes et sexuelles ».



francetvinfo

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