Test Blu-ray : Vierges | Critique Film


France, Israël : 2018
Titre original : –
Réalisation : Keren Ben Rafael
Scénario : Keren Ben Rafael, Élise Benroubi
Acteurs : Joy Rieger, Michael Aloni, Manuel Elkaslassy
Éditeur : Extralucid Films
Durée : 1h31
Genre : Drame, Fantastique
Date de sortie cinéma : 25 juillet 2018
Date de sortie DVD/BR : 7 octobre 2020

À Kiryat Yam, petite station balnéaire au nord d’Israël, tout semble s’être arrêté. Lana, 16 ans, s’est jurée de lutter contre l’immobilisme et la résignation. Elle est loin d’imaginer que la rumeur d’une sirène va réveiller sa ville de sa torpeur et lui permettre enfin de vivre…

Le film

[3,5/5]

Carrie, Créatures célestes, Ginger snaps, Mysterious skin, Mean creek, Donnie Darko… C’est un fait : le cinéma fantastique et les récits de « coming of age » font souvent bon ménage. Le fameux passage à l’âge adulte, la découverte de la sexualité et la notion d’acceptation de soi demeurent, pour tout un chacun, forcément toujours un peu nimbés de mystères en tous genres, et le fait de les illustrer au cinéma en ayant recours à des symboles allant chercher du côté du surnaturel est une idée non seulement habile, mais également pleine de poésie.

Sous ses allures de chronique désabusée de la jeunesse israélienne, Vierges est également un film utilisant un élément fantastique afin d’illustrer symboliquement le récit initiatique qu’il met en scène. A l’origine de cette plongée dans le fantastique, il y a le souvenir d’un vieil homme, qui raconte qu’enfant, depuis le bateau l’amenant en Israël, il a vu une sirène sortir de la mer. Cette histoire de sirène va rapidement devenir l’obsession de tous les personnages du film, pour différentes raisons. Leur point commun est de graviter autour de la jeune Lana, 16 ans (Joy Rieger), véritable garçon manqué, bien décidée à perdre sa virginité dans une petite station balnéaire où rien ne se passe.

Flirtant avec le fantastique mais gardant toujours un pied solidement ancré dans la réalité, la réalisatrice Keren Ben Rafael joue la carte de la poésie, le mystère et l’inconnu du monde reflétant les questions existentielles que se pose Lana, dont le corps change et dont les hormones travaillent à plein régime. La « sirène » hypothétique amène un peu de soleil dans la tristesse quotidienne de cette station balnéaire désertée, qui peu à peu se remplira de curieux. Tous veulent voir la queue de cette sirène, et c’est Lana bien entendu finira par la découvrir. Le même soir, et même en deux exemplaires… Mais quel est le prix de cette révélation sur elle-même ? Vierges nous laissera dresser nous même le bilan, avec un final ouvert que l’on pourra imaginer noir ou rose – comment en effet interpréter le sourire s’affichant sur le visage de la mère de Lana, incarnée par Evgenia Dodina ?

Car même si Vierges s’avère souvent drôle, énergique et lumineux, la poésie de l’ensemble cache mal derrière sa superbe photographie et sa délicatesse une vraie mélancolie, un désir d’ailleurs qui semble réellement prendre racine chez tous les personnages du film. Très beau.

Le Blu-ray

[4,5/5]

C’est donc Extralucid Films qui offre aujourd’hui la possibilité à ceux qui l’auraient loupé en salles pendant l’été 2018 de découvrir Vierges sur support Blu-ray. Il s’agit du premier film de la collection « Extra Monde » consacrée au cinéma indépendant du monde entier. Et pour ce premier film au sein de la collection, l’éditeur nous offre vraiment une galette de toute beauté. Piqué d’une précision à couper le souffle, couleurs magnifiques, définition sans faille, encodage 1080p : un sans faute, si l’on excepte quelques rares effets de moirage sur les noirs. Côté son, le film est encodé en DTS-HD Master Audio 5.1 (VO hébreu uniquement) : dynamique, immersive, dispensant son quota d’effets atmosphériques extrêmement efficace, ce mixage s’avère tout à fait efficace et satisfaisant. En revanche, on notera que la bande son est mixée à un niveau très bas : préparez-vous à augmenter le niveau sur votre ampli !

Côté suppléments, on trouvera tout d’abord un entretien avec la réalisatrice Keren Ben Rafael (19 minutes), qui reviendra rapidement sur son parcours avant d’aborder la genèse du film, le tournage en hiver, son travail avec le directeur photo Damien Dufresne, etc. D’origine israélienne, la cinéaste a suivi ses études de cinéma en France (à la Fémis) et s’exprime ici dans un français quasi-parfait. On poursuivra ensuite avec une série d’entretiens avec les acteurs du film (7 minutes) : Evgenia Dodina, Joy Rieger, Michael Aloni. Chaque intervenant reviendra sur l’histoire du film, sur la notion de « sirène » ainsi que sur son personnage. Une courte scène coupée (1 minute) ainsi que la traditionnelle bande-annonce fermeront les bonus liés au film… Mais Extralucid Films ne s’arrête pas là pour autant, en nous offrant deux courts-métrages réalisés par Keren Ben Rafael. On commencera avec I’m your man (2011, 15 minutes), un vaudeville revisité extrêmement drôle, avec le toujours génial Vincent Macaigne. On se penchera ensuite sur L’aurore boréale (2013, 13 minutes), avec Hippolyte Girardot, Ana Girardot ainsi que Marc Citti et Jonathan Cohen, assez irrésistibles dans la peau d’un duo de flic obtus. Les deux courts sont proposés en Haute-Définition en 1080p. C’est parfait !



Critique film

A lire aussi

Laisser un commentaire