pourquoi des doutes sérieux persistent sur son état de santé


Après trois jours d’hospitalisation, Donald Trump, infecté par le coronavirus, est sorti lundi 5 octobre au soir de l’hôpital militaire de Walter Reed. Vidéo aux allures hollywoodiennes à l’appui, masque retiré d’un air désinvolte devant les caméras, et un état revendiqué encore meilleur « qu’il y a vingt ans »… Le message que veut faire passer le président américain est clair : il est en pleine forme, et le virus sera très bientôt derrière lui. Mais la communication floue de son entourage sur sa santé et le traitement qu’on lui a administré laissent planer le doute.

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Dans les médias américains, beaucoup s’interrogent : faut-il faire confiance à la Maison-Blanche lorsqu’elle évoque l’état de santé de Donald Trump ? Dimanche, son médecin, Sean Conley, avait admis qu’il avait eu des difficultés respiratoires, nécessitant une oxygénation à deux reprises. Il faisait alors volte-face, après avoir affirmé le contraire la veille. Il souhaitait, disait-il, projeter une image « optimiste ».

Problème, au même moment, une source anonyme considérée comme bien informée (identifiée par la suite par des médias américains comme n’étant autre que Mark Meadows, chef du cabinet présidentiel) confiait à des journalistes que les 24 heures précédentes avaient été très inquiétantes. Pas de quoi rassurer sur le crédit à apporter à la parole de son entourage.

La mise en scène de Trump travaillant depuis l’hôpital (des photos prises dans des tenues et des lieux différents à seulement quelques minutes d’intervalle, selon des journalistes ayant examiné leurs métadonnées) ainsi qu’une vidéo soupçonnée d’avoir été éditée pour masquer une toux du président avaient fini d’installer la méfiance.

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Le recours aux stéroïdes sème le doute

Mais c’est aussi la nature du traitement administré au président qui pose question et déroute les experts. « Le président est sans doute le seul patient de la planète à recevoir cette combinaison précise de médicaments », a analysé pour CNN le Dr Jonathan Reiner, professeur de médecine à l’université George Washington.

Donald Trump reçoit notamment un cocktail d’anticorps expérimental ou encore un traitement de cinq jours de l’antiviral remdesivir, pour lequel il est le premier à avoir reçu une autorisation en urgence contre le Covid-19, et qui vise à empêcher le virus de se répliquer. Alors que ce traitement est actuellement recommandé pour les patients ayant besoin d’oxygénation, sa cinquième dose est prévue pour ce mardi à la Maison-Blanche. Un traitement, en somme, bien différent de ce qu’un Américain moyen touché par la maladie pourra recevoir, souligne CNN.

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Ce qui trouble le plus les experts, c’est le recours, depuis samedi, à la dexaméthasone, un corticoïde recommandé seulement aux malades sévères et hospitalisés du Covid-19 car il affaiblit le système immunitaire, mais chez qui il a été prouvé qu’il réduisait la mortalité : ce médicament de la famille des stéroïdes combat l’inflammation générale qui peut provoquer de graves complications dans les poumons et les organes vitaux.

Un traitement qui pousse les experts à se demander si Donald Trump était en réalité plus malade que ce qu’en disent ses médecins, ou bien si tout a été fait pour masquer les symptômes et le remettre sur pied de façon précipitée, malgré les risques d’interactions entre les médicaments et d’effets secondaires.

« Il n’est peut-être pas encore tiré d’affaire »

Lundi soir, Sean Conley est de nouveau resté très évasif sur l’état de santé du président : il a refusé de décrire l’état des poumons et les résultats des examens d’imagerie médicale, déclarant seulement : « Nous avons fait des observations attendues, mais rien de majeur d’un point de vue clinique. » A-t-il une pneumonie, une infection des poumons ? « Nous ne sommes pas autorisés à en parler ».

Des symptômes neurologiques ou effets secondaires des médicaments ? « Vous le verrez bientôt : il est de retour », a éludé le docteur, assurant être « prudemment optimiste ».

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« Il n’est peut-être pas encore complètement tiré d’affaire », a toutefois reconnu le médecin, et il bénéficiera à la Maison-Blanche « de soins médicaux de classe mondiale 24 heures sur 24 ».

« On dit que les cinq à sept jours après l’infection sont les plus critiques, et [l’état de] patients qui ont l’air d’aller bien peut soudainement se détériorer », a rappelé lundi le journaliste scientifique du média américain NPR, alors que le médecin du président, a refusé de préciser la date de son dernier test négatif. « Alors il faut faire attention. »

Donald Trump lui, affirme se sentir « mieux qu’il y a vingt ans ». Sur le balcon de la Maison-Blanche, il semblait pourtant grimacer en respirant : la séquence, relayée sur les réseaux sociaux, a contribué à remettre en doute son état de forme. Regardez :





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