Les Matildas changent leur destin sur le sol européen



  • L’intégralité de l’équipe d’Australie évolue désormais en Europe
  • Changement de mentalité pour les co-organisatrices de la Coupe du Monde Féminine 2023
  • Huit joueuses de l’équipe A sont parties pour l’Angleterre dans les 12 derniers mois

Avant la Coupe d’Asie Féminine de l’AFC 2018, seules deux des 23 internationales australiennes évoluaient dans des clubs européens. Un peu plus de deux ans plus tard, l’intégralité du groupe participant aux barrages du Tournoi Olympique de football féminin de l’AFC du mois de mars évolue dans des clubs du Vieux Continent.

Si des joueuses comme Elise Kellond-Knight, Tameka Yallop et Aivi Luik ont posé leurs valises en Europe depuis plusieurs années, un important exode s’est produit par la suite, déclenché par Samantha Kerr, joueuse vedette de la sélection. La prolifique attaquante a mis fin à son excellent passage en NWSL américaine pour s’engager avec Chelsea en fin d’année dernière. Quelques mois plus tard, trois autres joueuses clés – Caitlin Foord, Hayley Raso et Chloe Logarzo – ont quitté la W-League en milieu de saison pour en faire de même.

La route Kangourou, le vol qui transportait autrefois des passagers de l’Australie vers l’Europe, a pris un nouveau contexte sportif.

Connaître l’Europe pour battre l’Europe

Si 13 Australiennes évoluaient en NWSL la saison dernière, le changement de cap de l’année 2020 s’explique plusieurs raisons. « J’ai senti l’envie des joueuses de partir pour l’Europe », assure à FIFA.com la milieu gauche Elise Kellond-Knight, qui a passé une grande partie des dix dernières années en Europe. « Le staff des Matildas a remarqué que nous n’avions pas été performantes contre les équipes européennes depuis plusieurs années. C’est un point faible pour nous. Un autre facteur important a été le COVID. Le fait que le championnat américain n’ait pas pu reprendre les a poussées dans cette direction aussi. »

« Plusieurs joueuses n’ont jamais évolué en Europe et ça va forcément leur être bénéfique », poursuit Kellond-Knight, qui a longtemps porté les couleurs du Turbine Potsdam et qui représente aujourd’hui le club suédois de Kristianstads. « D’un point de vue personnel, je préfère le football européen et j’aime ce style de vie », dit-elle. « Vu le grand nombre de joueuses de qualité qui arrivent en Europe, tout le monde va forcément profiter de s’entraîner dans cet environnement au quotidien. »

L’Australie a enregistré de bons résultats contre des équipes européennes en Coupe de l’Algarve et dans d’autres rencontres internationales, mais n’ont gagné qu’une fois contre des Européennes en Coupe du Monde Féminine. Une défaite face à l’Italie à France 2019 et une élimination aux tirs au but contre la Norvège n’a pas arrangé les choses. « Nous éprouvons des difficultés contre les adversaires européens. Il y a un trop grand écart entre nos styles de football et nos connaissances du football », explique Kellond-Knight, diplômée en pharmacie qui effectue aussi un stage d’entreprise à longue distance sur la base du volontariat. « L’évolution qu’on peut observer en Angleterre est vraiment formidable. Elle s’est accentuée au cours des 18 derniers mois et les joueuses remarquent le fort investissement réalisé. Les ressources, le soutien apporté aux joueuses, la publicité, les infrastructures des équipes féminines affiliées aux grands clubs… Tout ce qui entoure ce championnat est attrayant et l’Angleterre va dans la bonne direction depuis quelques temps. »

Les principales joueuses australiennes en Europe

Angleterre : Steph Catley, Caitlin Foord, Lydia Williams (Arsenal), Alanna Kennedy (Tottenham), Sam Kerr (Chelsea), Chloe Logarzo (Bristol City), Hayley Raso (Everton), Emily van Egmond (West Ham)

Espagne : Alex Chidiac (Atlético de Madrid), Aivi Luik (FC Séville), Jenna McCormick (Real Betis)

France : Laura Brock, née Alleway (Guingamp), Ellie Carpenter (Lyon), Mary Fowler (Montpellier)

Norvège : Katrina Gorry, Clare Polkinghorne (Avaldsnes), Karly Roestbakken (LSK Kvinner), Tameka Yallop (Klepp)

Pays-Bas : Amy Harrison, Kyah Simon (PSV Eindhoven)

Suède : Emily Gielnik (Vittsjö), Elise Kellond-Knight (Kristianstads)





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