Test Blu-ray : The house on sorority row


États-Unis : 1982
Titre original : –
Réalisation : Mark Rosman
Scénario : Mark Rosman, Bobby Fine
Acteurs : Kate McNeil, Eileen Davidson, Janis Ward
Éditeur : Extralucid Films
Durée : 1h32
Genre : Horreur
Date de sortie DVD/BR : 17 juin 2020

Un groupe d’étudiantes vivant ensemble dans une grande maison, décident de faire une mauvaise blague à leur logeuse. Mais la farce tourne mal, et les jeunes filles de la sororité sont tuées les unes après les autres lors de la soirée de fin d’études…

Le film

[3,5/5]

Après le succès surprise de Vendredi 13 en 1980 (60 millions de dollars de recettes), les studios Hollywoodiens se sont rendus à l’évidence : le jeu de massacre autour d’une bande de jeunes cons décimés l’un après l’autre par un tueur sans pitié permettait de remplir ses caisses pour une mise de départ ridicule. Tous se sont donc précipités afin d’obtenir leur « part du gâteau », et une vague de slashers a commencé à envahir les écrans du monde entier. Le bal de l’horreur (1980), Le monstre du train (1980), Meurtres à la St-Valentin (1981), Carnage (1981), Happy birthday : Souhaitez ne jamais être invité (1981), Une nuit infernale (1981), Massacre au camp d’été (1983), The house on Sorority Row (1983), Vœux sanglants (1984), Week-end de terreur (1986)…

S’il s’agit sans le moindre doute de l’un des moins connus parmi les slashers que l’on vient de citer, The house on sorority row a pourtant été distribué en VHS dans l’hexagone, sous les couleurs des Éditions Scherzo (ce qui explique l’existence d’une VF). Il figure cependant parmi les meilleurs d’entre eux, même si par bien des aspects, il est bien loin de faire dans l’originalité. Tout d’abord, on notera que le film de Mark Rosman garde, comme le premier Vendredi 13, très longtemps le secret autour de l’identité de son tueur, occupé à décimer les ados qui boivent en envisageant d’avoir des relations sexuelles en dehors des liens sacrés du mariage.

On notera également que le film commence avec une « mauvaise farce » : un groupe de jeunes s’en prend à une personne en lui faisant une blague cruelle et humiliante qui tourne mal. De fait, et à chaque fois, le scénario laisse penser au spectateur que le tueur est la personne ayant été humiliée durant la première séquence, et que ses actes sont motivés par un désir de vengeance. Sauf que dans 99% des cas, il s’agit en réalité de quelqu’un d’autre… Également hérité de Vendredi 13 (dans lequel de sales gamins martyrisaient le petit Jason Voorhees, qui finissait par en mourir), cet élément narratif est, à force de se voir répété, presque devenu un classique du genre.

Pour autant, et passée l’introduction et la mauvaise plaisanterie jouée par un groupe d’étudiantes à leur vieille fille de logeuse, The house on sorority row révélera sa véritable nature, avec une série de meurtres bien troussés malgré un budget que l’on imagine famélique. Les effets gore notamment sont très soignés et réalistes. On pense par exemple à la tête de Jeanie (Robin Meloy Goldsby) abandonnée dans les toilettes – une image qui risque bien de hanter les âmes sensibles !

Mais ce qui rend The house on sorority row franchement attachant, c’est surtout sa volonté d’ajouter à l’intrigue une réelle dimension fantastique à l’intrigue dans sa deuxième partie, qui nous offre par exemple une très belle scène d’hallucinations, dégageant une belle poésie et plongeant le spectateur dans un monde aux limites du surnaturel, où tout ou presque peut arriver. Et si le revirement final est certes un peu éventé, l’ensemble s’avère solidement mis en scène et mené avec un certain sens du rythme et du rebondissement. C’est d’autant plus étonnant que le réalisateur Mark Rosman se spécialisera par la suite dans les productions très grand public, avec notamment quelques films signés pour les studios Disney.

Du côté du casting, peu ou pas de têtes connues si l’on excepte Eileen Davidson, dont le nom vous dira quelque-chose si vous êtes une femme ou que vous avez déjà été en arrêt maladie quelques jours au fil des quarante dernières années : elle a en effet incarné le personnage d’Ashley Abbott dans Les feux de l’amour entre 1982 et 2019.

Le Blu-ray

[3,5/5]

On tient vraiment en premier lieu à saluer l’éditeur Extralucid Films pour le soin apporté au packaging de The house on sorority row, troisième titre de la collection « Extra Culte », qui s’impose comme les autres films de la collection dans un très beau digipack deux volets surmonté d’un fourreau cartonné. La composition graphique est signée par le talentueux John Capone, collaborateur régulier de L’écran fantastique.

Comme on l’a précisé un peu plus haut, The house on sorority row n’est jamais sorti dans les salles françaises et bénéficie pas, auprès des cinéphiles et du grand public en général, de l’aura prestigieuse des plus « grands » slashers des années 80. Le master du film qui nous est proposé ici par Extralucid Films s’en ressent clairement : le film de Mark Rosman affiche une image abîmée, accusant ouvertement des outrages du temps. Affichant une colorimétrie manquant de punch et un grain épais réduisant clairement le piqué de l’ensemble (textures, cheveux), l’image s’avère très perfectible. Néanmoins, les fantasticophiles amoureux du film se contenteront probablement du bond qualitatif certain effectué par rapport à la VHS de chez Scherzo – mais on n’atteint pas ici des cimes en termes de rendu Haute Définition. Cela dit, on félicitera tout de même chaleureusement Extralucid Films de nous permettre de (re)découvrir le film, et de retrouver la VF d’origine. Côté son en effet, l’éditeur nous propose deux pistes (VF/VO) mixées en DTS-HD Master Audio 2.0, propres, sans souffle, proposant une immersion plus que correcte au cœur du film.

Côté suppléments, l’éditeur nous propose tout d’abord un entretien avec Mélanie Boissonneau, docteure en études cinématographiques et audiovisuelles, qui reviendra de façon assez scolaire sur le genre « slasher », replaçant le genre dans son contexte historique et culturel et évoquant ses motifs les plus récurrents (16 minutes). On continuera ensuite avec deux curiosités : l’introduction du film en noir et blanc (2 minutes), c’est-à-dire telle que désirait la voir le réalisateur Mark Rosman, qui s’accompagnera d’une explication par ses soins de la fin alternative (40 secondes) qu’il n’a pas su imposer aux producteurs, et qui voyait mourir l’héroïne. On continuera ensuite avec une comparaison entre le storyboard et le film (4 minutes), qui permettra aux curieux disséquer certaines séquences du film. On terminera enfin avec les traditionnelles bandes-annonces et galerie de photos.



Critique film

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