Test Blu-ray : Starcrash – Le choc des étoiles


États-Unis, Italie : 1978
Titre original : Scontri stellari oltre la terza dimensione
Réalisation : Luigi Cozzi
Scénario : Luigi Cozzi, Nat Wachsberger
Acteurs : Caroline Munro, David Hasselhoff, Joe Spinell
Éditeur : Extralucid Films
Durée : 1h31
Genre : Science-Fiction
Date de sortie cinéma : 28 mars 1979
Date de sortie DVD/BR : 30 septembre 2020

Aux confins de l’univers, le maléfique comte Zarth Arn s’oppose à l’Empire et à son bienveillant empereur. Deux aventuriers, Stella Star et Akton, reçoivent de l’empereur la dangereuse mission de trouver la base secrète de Zarth Arn…

La naissance d’un nouvel éditeur

Comme le veut la tradition, et puisque c’est la toute première fois que l’on évoque leur travail, on voulait saluer la naissance d’une nouvelle petite structure spécialisée dans l’édition de Blu-ray / DVD : Extralucid Films. Ayant joué de malchance en sortant son premier titre, Tous les dieux du ciel, en février 2020, soit quelques semaines seulement avant le « Grand Confinement » qui a immobilisé la France, l’éditeur joue pour le moment la carte de l’éclectisme, avec deux collections phares : « Extra Culte », dédié aux pépites du cinéma de genre, et « Extra Monde », qui nous propose de découvrir des films indépendants du monde entier.

Extralucid Films nous proposera donc une sélection de titres-phares du bis et de petits trésors indé dans des éditions Blu-ray soignées, sortant qui plus dans des tirages limités qui en feront des objets d’autant plus rares et précieux. On souhaite donc toute la réussite du monde à ce nouveau venu dans le monde de la vidéo physique. Le choix de devenir éditeur, surtout Blu-ray, est vraiment de nos jours une affaire de passion avant tout. Le choix de s’aventurer dans un secteur de niche (la vidéo physique au format Blu-ray) est toujours un risque.

Le catalogue d’Extralucid Films compte à ce jour cinq titres : Tous les dieux du ciel, le délire australien Death warmed up (Extra Culte #1), le space opera de Luigi Cozzi Starcrash – Le choc des étoiles (Extra Culte #2), le slasher The house on sorority row (Extra Culte #3) et le film le plus étrange d’Oliver Stone, Seizure – La reine du Mal (Extra Culte #4).

Quatre titres sont prévus prochainement dans la collection Extra Monde : le film israélien Vierges (2018) et River of grass de Kelly Reichardt (1994) sortiront le 7 octobre, tandis que Slacker de Richard Linklater et la comédie allemande Zones humides sortiront quant à eux le 4 novembre.

Plus d’informations sur le site officiel d’Extralucid Films.

Le Film

[5/5]

Le « space opera » a longtemps été un genre ignoré par le cinéma bis, qu’il soit italien ou pas. Avant que les succès successifs de La guerre des étoiles et Alien ne changent un peu la donne, il n’y avait guère eu dans le genre que quelques tentatives aux relents psychédéliques, telles que La planète des vampires (Mario Bava, 1965) ou encore Barbarella (Roger Vadim, 1968). En 1978 cela dit, Luigi Cozzi réussit à réunir les fonds pour réaliser son Scontri stellari oltre la terza dimensione (littéralement « Affrontements stellaires au-delà de la troisième dimension »), plus connu sous le nom Starcrash, et retitré Le choc des étoiles en France par des distributeurs pressés de surfer sur la vague Star Wars.

Vu avec le recul que lui imposent les années, StarcrashLe choc des étoiles donne l’impression d’être d’avantage ancré dans la science des années 50 que dans l’épopée spatiale à la Star Wars. Le film de Luigi Cozzi développe en effet une très forte patine « sérial » d’une confondante naïveté, enchaine les rebondissements de manière extrêmement rapide, sans jamais se soucier de notions dépassées telles que la continuité narrative ou les enjeux dramatiques. En l’espace d’une heure et demie, les personnages exploreront donc environ 726 planètes, les péripéties s’enchaînent à vitesse grand V, chaque nouveau lieu, chaque nouveau personnage sont exploités pendant trois/quatre minutes, mais le pire est que le film de Luigi Cozzi fonctionne pourtant à plein régime. Les rires fusent en effet volontiers devant le spectacle si naïf et pourtant si fun que représente StarcrashLe choc des étoiles.

En faisant le choix – payant – de ne jamais aborder le genre par le biais d’un récit calqué sur le « Mythe du Héros » de Joseph Campbell, StarcrashLe choc des étoiles se démarque très nettement de la trilogie de George Lucas, qu’il ne retrouvera guère qu’à l’occasion de quelques clins d’yeux (comme le combat au sabre laser). L’ambition de Luigi Cozzi semble plutôt être de retrouver la naïveté qui animait la science-fiction d’antan. Cette SF de fumetti et de bandes dessinées à la Flash Gordon, ne possédant pas la moindre prétention, et envoyant valser avec plaisir les notions de réalisme ou de rigueur scientifique. Cette SF teintée de Fantasy également, et probablement d’émouvants souvenirs d’enfance pour Luigi : impossible en effet de passer à côté de l’hommage bringuezingue à Ray Harryhausen avec l’apparition de l’amazone de fer poursuivant les héros sur la plage…

Histoire désuète, effets spéciaux maladroits, humour très second degré, costumes en mousse, personnages en carton, rythme littéralement effréné, maquillages désopilants… Et que dire des acteurs, de Caroline Munro et ses tenues surréalistes, de l’immense Joe Spinell en plein délire en clone de Fu Manchu de l’espace ou encore de David Hasselhof… hum, égal à lui-même ?

Bref, qu’on le considère comme un nanar ou un chef d’œuvre, StarcrashLe choc des étoiles est un film unique en son genre, une ode au carton pate au cœur de laquelle tout semble avoir été pensé dans une optique de livrer au public un divertissement total, généreux et complètement barré. Le plus beau dans l’histoire est que malgré les années, le film de Cozzi remplit encore parfaitement son office, et ce quarante ans après sa réalisation. La magie du cinéma !

Le Combo Blu-ray + 2 DVD

[4,5/5]

StarcrashLe choc des étoiles arrive donc en Blu-ray en France, dans une très belle édition signée Extralucid Films. Le Combo Blu-ray + 2 DVD est présenté dans un luxueux digipack trois volets et propose un visuel kitsch dans l’esprit du film signé John Capone, graphiste de talent et collaborateur régulier des éditions Bach Films ou de la revue L’écran fantastique.

Le film est par ailleurs proposé dans deux montages différents : le montage américain (1h31, en Haute-Définition) et le montage européen (1h33, en définition standard). Les différences entre les deux montages sont minimes, vous pourrez en retrouver la liste complète sur le site Movie Censorship. Côté Blu-ray, StarcrashLe choc des étoiles bénéficie d’un très bel upgrade Haute-Définition : le master est stable, propre, le grain d’origine est préservé, les couleurs sont belles, la définition et le piqué sont considérablement améliorés… C’est du très beau travail.

Du côté des pistes son, la VO nous est proposée en DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine, proposant un bel équilibre entre les dialogues, les bruitages et la musique de John Barry. La VF d’époque s’offre quant à elle un mixage multi-canal DTS-HD Master Audio 5.1 aux dialogues clairs et aux ambiances bien préservées, ajoutant encore un peu d’ampleur à la folie outrancière de l’ensemble. On notera néanmoins que la version française est mixée très bas, et nécessitera d’augmenter le son de votre ampli pour en profiter pleinement.

Mais en plus d’être un bel objet, le coffret édité par Extralucid Films n’est d’ailleurs pas avare en suppléments, puisqu’on trouvera également sur la galette Blu-ray un entretien avec Luigi Cozzi (20 minutes), qui évoquera rapidement son parcours avant de revenir sur les origines du film, l’influence de Star Wars autant que celle des effets spéciaux créés par Ray Harryhausen. On continuera ensuite avec un entretien avec Christophe Lemaire (19 minutes) au cœur duquel le journaliste, grand amateur de kitsch et de nanars, reviendra sur la personnalité de Luigi Cozzi, sur les origines du projet ainsi que sur le film en lui-même et son héritage. Comme d’habitude, la personnalité de Christophe Lemaire permet au spectateur de passer un excellent moment, plein de rythme et de bonne humeur. On terminera enfin avec un passionnant documentaire sur Luigi Cozzi, intitulé « FantastiCozzi » (1h10). Le cinéaste y abordera avec recul et humour sa filmographie, évoquant StarcrashLe choc des étoiles ainsi que ses autres films. Le tournage du film, ses relations avec les producteurs, les effets spéciaux ou encore sa sortie aux États-Unis y sont notamment abordés.



Critique film

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