Le ministre Eric Dupond-Moretti prône une justice « totalement filmée et diffusée »


Ce serait un changement majeur dans le paysage judiciaire français. Interrogé par les lecteurs du « Parisien », Eric Dupond-Moretti est revenu sur ses projets pour la justice, affirmant notamment vouloir « que la justice soit désormais totalement filmée et diffusée ».

Eric Dupond-Moretti, une grenade dégoupillée au ministère de la Justice

« La justice doit se montrer aux Français », a indiqué le ministre de la Justice ce lundi 28 septembre, questionné sur « l’impression d’une justice à deux vitesses », entre « les personnes de couleur ou qui viennent de cités » et « les personnalités politiques ou les gens des beaux quartiers ».

« La publicité des débats est une garantie démocratique. On y réfléchit avec mes services. J’aimerais porter cela avant la fin du quinquennat », a-t-il ajouté, estimant qu’il y a « un vrai sujet sur la perception de la justice par les citoyens ».

« Quand on est au café du commerce, entre l’anisette et le café, on fait rouler des têtes, on est certain que, “vas-y c’est pas assez”, c’est trop, la justice ci, la justice ça… Mais quand on rentre au palais de justice et qu’on prête serment, on se rend compte à quel point c’est compliqué », a encore confié l’avocat.

Un « grand plan de recrutements » pour 2021

Revenant sur la hausse de 8 % du budget du ministère de la Justice, Eric Dupond-Moretti a par ailleurs annoncé un « grand plan de recrutements » d’ici 2021. « 2 450 personnels vont être envoyés dans les juridictions : des magistrats, des greffiers, des agents de l’administration pénitentiaire et de la protection judiciaire de la jeunesse », a-t-il détaillé.

D’avocat à ministre, la métamorphose à marche forcée d’Eric Dupond-Moretti

Pour accélérer le processus judiciaire, 950 personnes « déjà formées », des juristes assistants, des assistants greffiers mais aussi en nombre supplémentaire des délégués des procureurs, vont être embauchés afin d’être opérationnelles « dès janvier prochain ». « Ces recrues permettront aux juges d’aller plus vite, notamment pour répondre aux enjeux de la petite délinquance, celle qui pourrit le plus la vie de nos concitoyens. La justice exécute les peines à 92 % mais elle les exécute bien trop tard », a-t-il déploré, ajoutant vouloir dans ce domaine « une justice ultrarapide ».





nouvelobs

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