Jacques Chirac, le passionné des arts d’ailleurs



Cet article a été publié dans « l’Obs » le 16 juin 2016.

Ce soir-là, c’était canard laqué pour Jacques Chirac. Le plat lui avait été apporté par Christian Deydier, antiquaire de renom spécialisé dans les arts asiatiques et copropriétaire d’un restaurant chinois de l’avenue Victor-Hugo, à Paris. Il lui avait offert également la photographie d’un masque japonais du XVIIIe siècle qui fut rapporté en France, à la fin du XIXe, par un voyageur et collectionneur, Georges Labit, et qui dormait à Toulouse dans le musée qui porte son nom. « Nous allons la faire encadrer », a dit Bernadette Chirac. Elle a de l’humour. Car cette photo circule sur internet, accompagnée de commentaires soulignant la troublante ressemblance entre ce Buaku (une figure du théâtre kyogen) et l’ancien président de la République. Alors qu’il préparait l’exposition « Jacques Chirac ou le dialogue des cultures », organisée à l’occasion du dixième anniversaire du Musée du Quai Branly, Jean-Jacques Aillagon a téléphoné à Francis Saint-Genez, conservateur du Musée Georges-Labit, pour en demander le prêt. L’accord a été signé, l’objet est l’un des clous de l’exposition.

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On sait la passion de Chirac pour le Japon. Longtemps, on a cru qu’il n’avait d’yeux que pour le sumo. Il a beaucoup joué sur cette image pour feindre d’être inculte, assure l’historien et éditeur Jean-Luc Barré :

« Il a créé cette légende de toutes pièces ; elle l’arrangeait. Car Chirac s’est construit à l’i

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