Après l’hommage populaire à Jacques Chirac, le temps du deuil national


Deuil national, messe à Saint-Sulpice et inhumation dans la stricte intimité : ce lundi 30 septembre, la France fait ses adieux à Jacques Chirac auquel des milliers de personnes ont rendu hommage dès dimanche aux Invalides jusque tard dans la nuit.

L’ancien président de la République sera inhumé dans l’après-midi dans un cadre strictement privé au cimetière du Montparnasse. Selon le souhait de son épouse Bernadette, il reposera dans le caveau de leur fille aînée Laurence, décédée en 2016 et dont le destin tragique a été le drame de sa vie.

Jacques Chirac, le passionné des arts d’ailleurs

Avant ce moment réservé à la famille et aux très proches, un dernier hommage en grande pompe sera rendu à ce monstre sacré de la politique. Dimanche, malgré la pluie, une foule impressionnante a défilé jusque tard devant le cercueil, placé à l’entrée de la cathédrale Saint-Louis des Invalides, recouvert de bleu, blanc, rouge.

« C’est un moment très fort », « bouleversant », et « de là où il est, je pense qu’il doit être extrêmement ému et heureux », a déclaré sa fille cadette Claude Chirac. Venue à la nuit tombée aux Invalides « dire merci » à toutes les personnes qui s’étaient déplacées, elle est restée plus de deux heures sur place, pour échanger longuement et serrer des mains, comme son père autrefois.

Bernadette Chirac « fragilisée » mais « très réconfortée »

Dans le calme et le recueillement, la file d’attente s’est étendue pendant toute la journée sur des centaines et des centaines de mètres pour arriver devant le cercueil de celui qui est devenu de plus en plus populaire au fil du temps et de son éloignement du pouvoir.

« Ma mère est très très réconfortée en ayant vu ces images cet après-midi » à la télévision, a ajouté Claude Chirac au sujet de Bernadette, elle-même très « fragilisée » et qui n’est pas apparue publiquement depuis le décès de son époux jeudi à leur domicile parisien, rue de Tournon.

Les trois filles de la tribu Chirac

Une journée de deuil national a été décrétée lundi, pour la huitième fois seulement depuis le début de la Ve République en 1958, comme après les décès de Charles de Gaulle en 1970, Georges Pompidou en 1974 et François Mitterrand en 1996. Les drapeaux seront en berne sur les édifices publics et les Français appelés à observer une minute de silence à 15 heures, notamment dans les salles de classe.

La journée commence là où elle s’est terminée la veille, aux Invalides, pour une cérémonie familiale privée, célébrée notamment par le Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Basse-Terre (Guadeloupe), ami du couple Chirac. Elle sera suivie d’honneurs funèbres militaires, dans la cour des Invalides, en présence d’Emmanuel Macron.

A 11 heures, le convoi funéraire, encadré par une grande escorte, rejoindra ensuite l’église Saint-Sulpice où un service solennel est célébré à midi par Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, en présence d’Emmanuel Macron.

Située à proximité du dernier domicile de Jacques Chirac, l’église Saint-Sulpice est le deuxième plus grand édifice religieux de la capitale après Notre-Dame, lieu traditionnel des grandes commémorations, toujours fermée au public après l’incendie qui l’a ravagée le 15 avril dernier.

La classe politique réunie

L’assistance sera à la mesure de l’afflux des messages parvenus du monde entier depuis jeudi : environ 80 personnalités étrangères, chefs d’Etat et de gouvernement, anciens dirigeants et membres de familles royales, ont annoncé leur venue. La présence du président Vladimir Poutine, du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, des présidents italien Sergio Mattarella et congolais Denis Sassou-Nguesso ainsi que celle des Premiers ministres libanais Saad Hariri et hongrois Viktor Orban avait déjà été annoncée samedi.

Ils retrouveront les anciens présidents français François Hollande, Nicolas Sarkozy et Valéry Giscard d’Estaing, ainsi qu’une grande partie de la classe politique nationale.

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a renoncé à s’y rendre, après les réserves de la famille Chirac sur sa présence. Refusant de son vivant tout compromis avec l’extrême droite, célébré pour son non à la guerre en Irak, Jacques Chirac est désormais considéré par les Français comme le meilleur président de la Ve République, à égalité avec Charles de Gaulle, selon un sondage Ifop pour le « Journal du dimanche ».

Un hommage particulier sera également rendu à l’ex-président le week-end des 5 et 6 octobre en Corrèze, sa terre d’élection.





nouvelobs

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