Accusé de racisme et d’homophobie, ce député LREM juge « ridicule » la polémique


Les questions du voile et de la laïcité continuent d’agiter la majorité. Une semaine après la polémique provoquée par la réaction de députés face à la présence d’une étudiante voilée lors d’une audition à l’Assemblée, au tour d’un autre membre de LREM, l’élu du Cher François Cormier-Bouligeon, de susciter la controverse. Ce dimanche, commentant sur Twitter la célébration d’un mariage homosexuel par une élue portant un hijab, il s’en est pris à la députée de La France insoumise Danièle Obono et à l’ancien LREM Aurélien Taché.

« Danièle Obono et Aurélien Taché se sont mariés à Madrid ? ! Tous mes vœux de bonheur. »

« Peut-on tomber plus bas ? »

Ce lundi, les réactions n’ont pas tardé. « Islamophobe », « raciste », « homophobe », jugent ses détracteurs. « Ivre, il hésite entre “humour” homophobe ou raciste, et finit par choisir les deux », a répondu Danièle Obono, une des personnalités visées par François Cormier-Bouligeon dans son tweet.

Même colère chez la députée LFI Caroline Fiat, qui appelle Christophe Castaner, le nouveau patron de la majorité, à « ne pas laisser passer ça ».

« Peut-on tomber plus bas ? Oui. LREM est dans son champ de compétence : arrogance, suffisance, mépris radical pour la personne humaine », a également réagi Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI.

« Cher François Cormier-Bouligeon sur Twitter comme ailleurs, l’humour a des limites, en l’occurrence le racisme et l’homophobie. Ton tweet est abject et insulte la France. Nous ne partagions, décidément, que bien peu de choses », a aussi regretté Aurélien Taché sur Twitter.

Une « confusion » dans la majorité ?

Lui assure à « l’Obs » avoir voulu pointer du doigt « les ambiguïtés et les contradictions de ceux qui veulent à la fois défendre le voile et le mariage pour tous », les appelant à « un peu de cohérence intellectuelle ». Et considère comme « ridicules » les accusations de racisme et d’homophobie dont il fait l’objet depuis ce week-end.

Aurélien Taché, qui avait quitté LREM en regrettant son ouverture « faite que vers la droite », dit ne pas être « étonné » par la sortie de son ancien voisin de banc et y voir « le tournant conservateur » de la majorité sur la question de la laïcité :

« Selon moi, le noble combat pour la laïcité ne peut pas être mené en proférant des propos discriminatoires. Il existe désormais une confusion au sein du pari majoritaire. »

Le 17 septembre, la décision de députés LR et d’une élue LREM de quitter une audition à l’Assemblée sur le Covid-19 et la jeunesse, pour protester contre la présence d’une syndicaliste étudiante voilée, avait déjà ravivé les divisions au sein de la majorité sur les signes religieux. La présidente de ladite commission, Sandrine Mörch (LREM, députée de Haute-Garonne), avait ainsi regretté le « buzz » provoqué par Anne-Christine Lang (LREM) – qui avait quitté la salle – et « l’hystérisation du débat » sur le voile.

Et ce, alors qu’un projet de loi consacré au dossier des « séparatismes » est attendu à l’automne et menace l’unité de la majorité, toujours très divisée sur la question des signes religieux. Le 4 septembre au Panthéon, Emmanuel Macron avait annoncé vouloir lutter contre toute « aventure séparatiste » puis à Mulhouse, il avait redit son souhait d’un plan contre le « séparatisme islamiste » comprenant la fin des imams étrangers détachés et un contrôle du financement des mosquées.

Ce lundi matin, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a déclaré sur France-Inter que ce projet de loi, qui vise désormais « les séparatismes » – cible plus large que l’islamisme –, marquerait une « nouvelle étape ».





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