« On en est restés à des slogans creux »


Encore une. La longue liste des déçus d’Emmanuel Macron s’allonge du nom de Marie Tanguy, une des plumes du candidat, en 2017. Trois ans après avoir contribué à l’écriture de ses discours, elle sort un roman-témoignage, « Confusions », aux éditions Lattès. Elle y dépeint les techniques de « marketing politique » employées pour atteindre les classes moyennes ainsi que la « déconnexion » du candidat et témoigne dans cette vidéo :

Alors qu’elle rejoint l’équipe de campagne, Marie Tanguy se souvient :

« J’imaginais vraiment un mouvement beaucoup plus collectif, de délibération en intelligence collective, on va essayer de faire de la politique ensemble. Et ce que je découvre sur place, c’est qu’en fait, nous, on est vraiment dans une vision très verticale, très élitiste, où ceux qui décident, c’est un petit groupe de personnes, qui se ressemblent, et qui surtout donnent l’impression qu’en fait, la vérité, elle est très univoque finalement. »« Confusions », le roman-témoignage qui raconte la machine Macron de l’intérieur

Cette critique revient d’ailleurs souvent dans la voix des électeurs de gauche qui avaient opté pour Emmmanuel Macron face à Marine le Pen. Début 2020, « l’Obs » en avait réuni une quinzaine, parmi lesquels un grand nombre dénonçait le « problème de concertation, de dialogue ». « Il y a trop de storytelling », disait l’un, « un manque de communication ».

Héritage rocardien

Autre point de discorde qui apparaît à mesure que les discours s’enchaînent : le social.

« Je pensais que Macron s’inscrivait dans les pas de la deuxième gauche. Je pensais vraiment qu’il était un héritier de Rocard, de cette gauche qui est vraiment très forte sur ces valeurs de justice sociale et d’égalité. Mais en même temps, d’une gauche qui regarde aussi la réalité en face et qui avance avec pragmatisme. Moi, je voulais croire ça. »

La déception est à la mesure de ses attentes. Au média Vice, elle confie avoir démissionné après un « burn-out ». Elle admet aujourd’hui :

« D’autres dans mon entourage, avaient bien vu la supercherie. Et m’ont mise en garde. Et voilà, avec naïveté, et sans doute excès de confiance à l’époque, j’y suis allée quand même. »Revoter Macron en 2022 ? Notre panel d’électeurs de gauche s’interroge…

Ce livre servira-t-il d’électrochoc aux fidèles de La République en Marche ? Des frondeurs sont en tout cas à la manœuvre pour tenter de faire changer le parti. Pierre Person, numéro deux de LREM, a annoncé, lundi 21 septembre, démissionner de ses fonctions, accusant le parti présidentiel de ne plus « produire des idées neuves », et appelant les membres de la direction à faire de même.





nouvelobs

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