Trump veut remplacer la juge Ginsburg « sans délai », la campagne chamboulée


Il n’a pas traîné pour faire savoir sa décision. Le président américain Donald Trump s’est prononcé samedi 19 septembre pour un remplacement rapide de la juge à la Cour suprême Ruth Bader Ginsburg, icône de la gauche américaine décédée quelques heures plus tôt, un choix politique susceptible d’enflammer la fin de campagne présidentielle.

Nommer les magistrats du temple du Droit est « la décision la plus importante » pour laquelle un président est élu, a-t-il dit sur Twitter. « Nous avons cette obligation, sans délai ».

Il semble décidé à s’engager dans une désignation au pas de charge d’un nouveau juge qui ferait basculer le temple du droit américain dans le camp conservateur pour plusieurs décennies.

Mort de Ruth Bader Ginsburg : coup au coeur pour les démocrates, aubaine pour les républicains

La juge « RBG », comme elle était surnommée, s’est éteinte vendredi des suites d’un cancer du pancréas à l’âge de 87 ans. Sa mort a suscité une vague d’émotion dans le pays et aussi une immense inquiétude dans le camp démocrate, doublée d’un tir de barrage politique.

Des juges nommés à vie

A 45 jours de l’élection présidentielle, le candidat démocrate Joe Biden et l’ex-président Barack Obama ont immédiatement mis en garde Donald Trump.

« Les électeurs doivent choisir le président, et le président doit proposer un juge au Sénat », a dit Joe Biden. Barack Obama a appelé son successeur républicain à s’abstenir alors que « des bulletins de vote sont déjà déposés » pour le scrutin du 3 novembre, par anticipation ou par correspondance.

Les neuf juges de la Cour suprême sont nommés à vie, et Donald Trump a déjà procédé à deux nominations, celles des conservateurs Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh. Son camp dispose actuellement de cinq juges.

L’enjeu est considérable puisque la Cour tranche les principales questions de société, comme l’avortement, le droit de porter des armes ou les droits des homosexuels, qui sont souvent aussi les lignes de fracture d’une société américaine plus divisée que jamais. La haute cour a aussi le dernier mot sur les litiges électoraux, comme lors de la présidentielle de 2000 finalement remportée par George W. Bush face à Al Gore.

« La mort de Ruth Bader Ginsburg enterre la campagne »

Sur le papier, rien n’empêche en effet Donald Trump de nommer un nouveau juge. Il y est prêt et avait présenté début septembre une liste de 20 noms de personnalités qu’il pourrait présenter en cas de vacance à la Cour. Parmi eux, deux sénateurs ultra-conservateurs, Ted Cruz et Tom Cotton.

Le chef de la majorité au Sénat Mitch McConnell a prévenu dès vendredi soir qu’il était disposé à aller de l’avant dans le processus de nomination. Dans des circonstances comparables, il y a quatre ans, il avait pourtant bloqué la désignation d’un juge par Barack Obama.

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La mort de Ruth Bader Ginsburg risque bien de chambouler la campagne, comme l’a fait remarquer le spécialiste Jean-Eric Branaa auprès de 20Minutes : « La mort de Ruth Bader Ginsburg enterre la campagne, il n’y a plus de programmes, même la crise sanitaire passe désormais en second plan. Se pose juste la question pour chaque électeur : pour quel candidat voter afin d’avoir un juge qui convient à mes convictions ? »





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