McDonald : "Pour nous, chaque match est une finale"



  • Montserrat s’apprête à rencontrer le Salvador, Antigua-et-Barbuda, la Grenade et les Îles Vierges américaines
  • Montserrat et le Salvador vont se mesurer pour la quatrième fois depuis septembre 2018
  • Interrogé par Conconcaf.com, Massiah McDonald évoque les progrès de son équipe

Pour la quatrième fois depuis septembre 2018, Montserrat va défier le Salvador, pour le compte du Groupe A du premier tour des qualifications de la Concacaf pour la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™.

Les deux équipes s’étaient déjà mesurées au mois de septembre 2018 lors de la première semaine des préliminaires de la Ligue des Nations de la Concacaf (CNL). À l’automne dernier, elles ont à nouveau croisé le fer à deux reprises, dans le Groupe B de la Ligue B de la CNL 2019/20.

Si les Cuscatlecos se sont imposés lors de chacune de ces confrontations, leur marge de manœuvre est apparue très étroite. Pour preuve, il a fallu attendre la dernière minute pour voir les locaux prendre l’avantage lors du duel organisé à San Salvador en CNL.

Les Emerald Boys se voient donc offrir une nouvelle occasion de prendre leur revanche et, surtout, d’empocher trois points précieux dans la perspective d’une qualification.

« La dernière fois, les Salvadoriens nous ont posé de gros problèmes. Sur l’ensemble du match, ils méritaient probablement de l’emporter, mais nous étions encore à égalité à une minute du coup de sifflet final. Ils font souvent la différence en toute fin de match », observe Massiah McDonald, le milieu de terrain de Montserrat, dans un entretien accordé à Concacaf.com à l’issue du tirage au sort préliminaire.

« Nous aurions très bien pu arracher le nul. Ça aurait tout changé. Malgré tout, ça reste un bon souvenir pour toute l’équipe et un moment important pour Montserrat. Nous sommes un petit pays, mais nous avons tenu le Salvador en échec pendant 90 minutes. Nous avions face à nous des professionnels qui jouent aux États-Unis ou au Salvador, mais nous avons tout donné. Pour nous, chaque match est une finale. Ça représente énormément à nos yeux. C’est la raison pour laquelle nous allons encore laisser toutes nos forces sur le terrain. Les gens s’imaginent peut-être que Montserrat n’a pas changé ; ils se trompent. Nous avons de bons joueurs. »

Le Salvador ne sera toutefois pas le seul adversaire de McDonald dans le Groupe A. Onzième des qualifications de la CNL, Montserrat n’a pas réussi à valider son billet pour la Gold Cup de la Concacaf 2019. Ses prochaines sorties contre Antigua-et-Barbuda, la Grenade et les Îles Vierges américaines n’en seront que plus importantes. Notre interlocuteur sait que son équipe n’a que peu de chances de finir en tête du groupe, mais il espère tout de même donner du fil à retordre à ses adversaires.

« Soyons francs, ça va être compliqué de prendre la première place, mais nous aimons bien bousculer la hiérarchie. Personne ne nous attendait à ce niveau, quand nous sommes passés à un cheveu de la qualification pour la Gold Cup. Nous avons parcouru un long chemin en peu de temps et je crois qu’on commence à nous prendre un peu plus au sérieux. Nous avons des joueurs qui sont capables de former une équipe soudée en peu de temps », estime McDonald.

La montée en puissance de Montserrat doit beaucoup à l’apport de plusieurs internationaux d’origine anglaise. La présence de ce noyau dur, associée aux difficultés logistiques que représente un déplacement à Montserrat, fait de cette nation insulaire l’un des hôtes les plus redoutés des Caraïbes.

« Venir ici n’a rien d’une sinécure. Les déplacements sont très longs, ce qui joue en notre faveur car nous, nous sommes habitués à ces trajets interminables. De plus, nous arrivons généralement cinq jours à l’avance, alors que nos adversaires débarquent souvent la veille du match. La chaleur n’aide pas non plus, d’autant que nous, nous sommes acclimatés. Notre style s’inspire de ce qui se fait en Angleterre, ce qui explique que personne n’aime jouer contre nous. Notre jeu est plutôt physique, mais nous avons aussi des joueurs qui savent manier le ballon. Nous pouvons aussi compter sur l’un des meilleurs buteurs du Championship anglais [Lyle Taylor]. Nous avons plusieurs internationaux qui évoluent à un niveau intéressant en Angleterre. Globalement, il y a un bon équilibre au sein du groupe », poursuit notre interlocuteur.

Le milieu de terrain d’Eastwood CFC (29 ans) espère voir Montserrat continuer à faire les gros titres grâce au football, d’autant que cette activité peut également se révéler bénéfique sur le plan économique.

« C’est un beau pays. Nous avons de très belles plages, mais peu de touristes. Les paysages sont magnifiques. Il y a de la verdure partout et des vues à couper le souffle. C’est une bonne chose de faire parler de nous. Certaines personnes penseront peut-être à Montserrat, au moment de programmer leurs vacances. J’espère que le pays pourra en tirer quelque chose sur le plan économique et financier. »

Montserrat line up for a team photo

La patte de Willie Donachie, un technicien écossais de 68 ans, se retrouve également derrière les récents exploits de Montserrat.

« C’est l’un des entraîneurs les plus expérimentés de la région. Il sait de quoi il parle. Il a joué avec l’Écosse en Coupe du Monde et il a porté les couleurs de Manchester City. Il connaît le football sur le bout des doigts. Il sait ce qui marche et ce que nous pouvons faire pour gagner. Son arrivée nous a fait beaucoup de bien. Tout le monde tient son rôle à la perfection. J’ai de la chance de jouer pour Montserrat en ce moment. Nous avons un bel avenir devant nous. C’est quelque chose que je pourrai raconter à mes petits-enfants ! »

Toutefois, McDonald n’est pas du genre à tirer la couverture à lui. Il salue ainsi les efforts des plus jeunes, qui aident régulièrement l’équipe nationale, mais aussi la loyauté de ses prédécesseurs, qui n’ont jamais renoncé à porter le maillot de Montserrat, même lorsque les défaites se succédaient.

« Je suis arrivé dans une période de transition. L’équipe avait déjà beaucoup changé. Mais je n’oublie pas que certains joueurs étaient là quand il n’y avait rien, comme le milieu de terrain Dean Mason. Ils étaient là quand Montserrat perdait 7-1, mais ils n’ont pas baissé les bras. Ils sont restés. Certains auraient jeté l’éponge dans de telles circonstances, mais pas eux. Pour ça, je les respecte. Ils ont tenu bon et si nous en sommes là aujourd’hui, c’est grâce à eux. »



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