Le gouvernement veut-il privatiser les routes nationales comme l’accuse Jean-Luc Mélenchon ?


Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France insoumise, s’est alarmé ce vendredi 18 septembre du risque de « privatisation des routes nationales », après la parution d’un décret gouvernemental mi-août. « Les autoroutes, ça ne leur suffit pas pour faire du fric sur le dos des automobilistes ! », s’est-il insurgé dans un tweet.

De son côté, le gouvernement a démenti tout projet dans ce sens.

Que dit le décret ?

Le décret est paru au journal officiel le 15 août et fait l’objet d’un article du « Monde » ce vendredi. Il décrit les « conditions dans lesquelles les sections à gabarit routier peuvent être classées dans la catégorie des autoroutes ».

Le décret stipule :

« Une section de route ne présentant pas un tel profil d’aménagement (2×2 voies et chaussées séparées, ndlr) peut être classée dans la catégorie des autoroutes, dans les formes prévues au quatrième alinéa, à condition d’être située dans le prolongement direct d’une voie bénéficiant déjà du statut autoroutier. »

Jean-Luc Mélenchon a lu dans ce décret une volonté de privatiser les routes nationales et a rédigé un communiqué dans lequel il dénonce un projet qui aboutirait selon lui à une augmentation des prix pour les automobilistes et à moindre entretien des routes. « Nous alertons sur l’expérience désastreuse de la privatisation des autoroutes », indique-t-il.

Le gouvernement dément

De son côté, le ministère des transports, interrogé par l’AFP, parle « d’une interprétation erronée » du décret. Selon lui, il vise à « traduire dans le droit ce qui était déjà existant dans la pratique », c’est-à-dire « la gestion des derniers kilomètres avant d’entrer sur l’autoroute » par les concessionnaires pour des raisons de « logistique par exemple comme la mise en place de panneaux de signalisation ». « Nous n’allons pas rendre les routes nationales payantes », a assuré sur Twitter Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports.

« En aucun cas » il ne s’agit « d’avancer le péage de quelques kilomètres » ou d’« augmenter le péage des autoroutes. Le décret n’accorde pas plus de pouvoir aux concessionnaires », ajoute le ministère, en soulignant que « ce n’est pas ouvrir la porte à la privatisation des nationales ». À l’époque où il était député LREM, Jean-Bapstiste Djebbari défendait même la renationalisation des autoroutes.

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Ce débat intervient au moment où un rapport d’une commission d’enquête du Sénat juge « impératif de ne plus prolonger la durée des concessions » autoroutières qui doivent arriver à échéance à partir de 2031. Elle recommande notamment « un contrôle plus étroit des marchés des Sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) » et de « mieux partager les profits des sociétés d’autoroutes avec l’Etat et les usagers ».





nouvelobs

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