Des députés quittent une audition en présence d’une étudiante portant le voile (rien ne l’interdit pourtant)


Des députés LR et une élue LREM ont quitté jeudi 17 septembre une audition à l’Assemblée sur le Covid-19 et la jeunesse, pour protester contre la présence d’une syndicaliste étudiante voilée, un « faux débat » selon la marcheuse qui présidait la réunion.

Les parlementaires participaient à l’audition de représentants de syndicats étudiants dans le cadre de la nouvelle commission d’enquête « pour mesurer et prévenir les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et la jeunesse », créée à l’initiative de la communiste Marie-George Buffet (Seine-Saint-Denis) qui en est la rapporteure.

Après la prise de parole des syndicalistes étudiants, le député du Pas-de-Calais (LR) Pierre-Henri Dumont, faisant un « rappel au règlement », s’est indigné du voile porté par la vice-présidente de l’Unef, Maryam Pougetoux, en estimant qu’il s’agissait d’un « acte communautariste délibéré » qui enfreignait « le principe de laïcité auquel doit s’astreindre notre assemblée ».

« Rien dans le règlement ne fait obstacle à une quelconque tenue »

L’argument a été battu en brèche par la présidente de la commission, l’élue de Haute-Garonne Sandrine Mörch, qui a déploré un « mauvais procès » en rappelant qu’« aucune règle n’interdit le port de signe religieux pour les personnes auditionnées ». « Aucune règle n’existe et n’empêche d’auditionner une femme voilée », ajoute un administrateur à l’Assemblée nationale auprès de France Inter. D’ailleurs, précise-il, « rien dans le règlement ne fait obstacle à une quelconque tenue pour une audition. »

Les députés LR qui ont quitté la salle ont été rejoints par Anne-Christine Lang (LREM), pour laquelle le « port du hijab » est « incompatible » avec ses « valeurs ». « Je ne peux accepter qu’au sein de l’Assemblée nationale, le cœur battant de la démocratie […], nous acceptions qu’une personne se présente en hijab devant une commission d’enquête », a-t-elle indiqué.

« En tant que députée et féministe, attachée aux valeurs républicaines, à la #laïcité et aux #droitsdesfemmes, je ne peux accepter qu’une personne vienne participer à nos travaux à l’#AN en hijab, qui reste pour moi une marque de soumission », a-t-elle complété dans un tweet.

Sa collègue Sandrine Mörch lui a rétorqué qu’elle ne laisserait pas « ce faux débat autour du voile rentrer dans cette commission censée travailler sur l’avenir et le présent de la jeunesse dans une situation très compliquée ».

Maryam Pougetoux avait été au cœur d’une polémique en 2018 lorsque plusieurs personnalités politiques, dont Marlène Schiappa, alors secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes, avaient critiqué l’Unef, syndicat étudiant de gauche, pour avoir désigné une étudiante voilée comme porte-parole.





nouvelobs

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