« Il ne s’agit pas d’interdire, il s’agit de mettre en œuvre des mesures barrières au sein de la sphère privée », défend un médecin


Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, appelle les Français à la responsabilité. « C’est la dernière étape pour éviter la diffusion de ce virus et la bloquer ».

Six médecins ont signé dimanche 13 septembre une tribune dans le JDD pour appeler à « siffler la fin de la récréation » face à la diffusion du coronavirus. Ils disent vouloir notamment éviter « autant que possible » les rassemblements privés.

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« Il ne s’agit pas d’interdire, il s’agit d’essayer intelligemment de mettre en œuvre des mesures barrières au sein de la sphère privée », a expliqué dimanche sur franceinfo Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille et directeur de la Fondation Alzheimer, l’un des signataires de cette tribune. « Ce qu’on a voulu montrer, c’est que le virus ne s’arrête pas à la porte de chez soi. »

« En ce qui concerne la sphère publique, en ce qui concerne la sphère professionnelle, on a des obligations, des contraintes, qui sont relativement bien respectées en France », constate Philippe Amouyel. « Dans la sphère privée, on ne peut pas avoir ce type d’obligations. La seule chose qu’on peut mettre en œuvre, c’est une responsabilisation des gens. Cette responsabilisation est un élément important. C’est la dernière étape pour éviter la diffusion de ce virus et la bloquer », pense le médecin.

Il estime qu’on ne peut pas « interdire quoique ce soit », mais plaide pour « agir avec bon sens ». « Quand vous êtes dans un espace qui ne peut accueillir que six personnes, ce n’est pas la peine de se réunir à dix personnes. Essayez de vous réunir dehors, essayer d’ouvrir les fenêtres, que les personnes les plus vulnérables soient mise un petit peu plus loin », conseille Philippe Amouyel.

Le professeur de santé publique au CHU de Lille ne pense pas qu’il faille « repartir dans le confinement ». « Il ne faut pas avoir à nouveau cette vie sociale qui va s’éteindre. Elle est aussi liée à la vie économique. Il faut continuer à vivre. Il faut apprendre à vivre, y compris dans la sphère privée, avec ce virus. » Il ajoute qu’il n’y a pas « en particulier dans la sphère privée, ou dans un environnement public, de règle qui va s’adapter à toute la France. Il faut l’adapter à sa région ».

Le directeur de la Fondation Alzheimer rappelle par ailleurs que les personnes âgées ont « payé un lourd tribut » avec le virus.

La situation des Ehpad et des maisons de retraite a été terrible pendant la crise. Il faut que cela ne se reproduise plusPhilippe Amouyelà franceinfo

Philippe Amouyel alerte aussi pour que « le confinement total qu’il y avait dans ces Ehpad », au plus fort de la crise, ne se reproduise plus, parce qu’il est « délétère lui aussi sur la santé de ces personnes âgées« . « Là, plus qu’ailleurs, il faut maintenir ces mesures barrières, parce que ces personnes âgées ont besoin qu’on les rencontre, ont besoin qu’on s’occupe d’elles, ont besoin de voir leur famille. Mais inversement, il faut les protéger de cette infection », défend Philippe Amouyel.



francetvinfo

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