Bulle sociale, fermeture avancée des bars, isolement… Les mesures qui pourraient être mises en œuvre


Face à la progression de la pandémie de Covid-19, de nouvelles mesures devraient être prises par les autorités. Interrogé sur les propos du président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, pour qui le gouvernement va devoir « prendre des décisions difficiles », Emmanuel Macron a confirmé que le gouvernement annoncerait vendredi 11 septembre, au terme du conseil de défense consacré au Covid-19, des décisions permettant de « donner de la visibilité sur les prochaines semaines ».

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Quelles mesures pourraient être mises en place ? « L’Obs » décrypte les principales options à l’étude.

  • Mise en place des « bulles sociales » ?

Comment maintenir une vie sociale tout en limitant la progression de la pandémie ? Pour y parvenir, la France pourrait bien imiter bientôt l’Angleterre, qui vient d’interdire les rassemblements de plus de six personnes. « Cela fait partie des éléments qui sont sur la table », a indiqué Bruno Lina, membre du conseil scientifique, ce jeudi sur Franceinfo. Pour ce virologue, l’idée n’est pas d’interdire tout contact social, mais de tenter d’en limiter le nombre autant que possible, en définissant des « bulles sociales ».« Il n’y a pas de chiffre magique, mais il est clair que quand on a un groupe de 70 personnes, on a dix fois plus de chances de rencontrer quelqu’un qui est malade que si on a un groupe de 7. Donc, il s’agit de définir effectivement ces espèces de bulles sociales qui permettent de continuer à avoir des contacts, voir des gens, à aller au restaurant, recevoir, mais en évitant des brassages trop importants. »

  • Des isolements plus contrôlés ?

La stratégie d’isolement actuelle a de nombreuses faiblesses, s’accordent à dire nombre de spécialistes. Celle-ci pourrait donc évoluer. C’est en tout cas ce que souhaite le conseil scientifique, qui dresse un « constat d’échec » du dispositif de quatorzaine, trop peu respecté, et recommande plus largement de « réviser la stratégie française » à ce sujet.

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Cette instance chargée de conseiller l’exécutif dans sa gestion de l’épidémie a remis la semaine dernière au gouvernement un avis favorable pour écourter à sept jours, contre quatorze actuellement, la période d’isolement. Une réduction de la quarantaine destinée notamment à en améliorer l’acceptabilité.

Peut-on imaginer que des mesures coercitives soient également décidées, afin de mieux faire respecter l’isolement, comme cela existe dans d’autres pays ? Le conseil scientifique privilégie pour l’instant de « s’appuyer sur l’adhésion citoyenne », mais « sans exclure que si la situation sanitaire le nécessitait, en particulier dans certaines régions, on puisse passer […] à une situation de contrainte ».

  • Des dépistages moins massifs mais plus rapides ?

La stratégie de dépistage massif du Covid-19, qui fait elle aussi l’objet de critiques répétées de médecins et de biologistes, va-t-elle aussi évoluer ? Biologistes et membres du conseil scientifique le souhaitent en tout cas.

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L’inflation du nombre de tests réalisés a des effets pervers. Les biologistes sont saturés par la demande, comme en attestent les files d’attente interminables devant certains laboratoires. Le principal syndicat de la profession (SDB) juge ainsi « absolument nécessaire de remettre de l’ordre entre les différents types de patients », en réservant « une file prioritaire » à ceux qui disposent d’une ordonnance médicale. Une organisation de jeunes biologistes (SJBM) demande pour sa part aux ARS de « stopper les campagnes massives de dépistage » et appelle la population « au civisme » pour ne pas « se faire dépister inutilement ».

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« Il y a un problème d’organisation », a souligné pour sa part Jean-François Delfraissy, qui rappelle avoir conseillé dès fin juillet au gouvernement de distinguer les « personnes qui ont des symptômes ou qui ont été en contact » de celles « qui rentrent dans une vision de dépistage à visée de santé publique ». Pour le virologue Bruno Lina, membre du conseil scientifique, il ne faut pas renoncer à des tests massifs mais il faut les rendre plus efficaces. Il faut, dit-il, « structurer l’offre de diagnostic » dans « la semaine qui arrive » afin de garantir un rendez-vous dans les vingt-quatre heures « pour toute personne qui rentre dans le cadre […] des cas suspects et des cas contacts à risque ».

  • Des bars fermés plus tôt dans les départements en rouge ?

Les mesures annoncées vendredi par le gouvernement devraient viser tout particulièrement les zones classées en rouge, où la diffusion du virus est forte. C’est le cas de l’Ile-de-France où, selon BFM, un plan de la préfecture de Paris prévoit une série de mesures en cas d’aggravation de la situation. Parmi elles, la fermeture des bars plus tôt, ou encore la fermeture complète d’établissements accueillant du public, comme les musées.

En août dernier, la mairie de Paris disait quant à elle envisager de demander aux restaurateurs et cafetiers de tenir un registre des clients ayant fréquenté leur établissement. Le but : recenser plus facilement les personnes ayant été en contact avec une personne atteinte de la maladie.

  • Pas de reconfinement généralisé

Reconfiner l’ensemble du pays est, à ce stade, une option qui n’est pas sur la table. « Il faudrait qu’il arrive une catastrophe pour qu’on soit amené à utiliser de nouveau cette arme terrible qu’est le confinement généralisé », a précisé Bruno Lina, membre du conseil scientifique, sur Franceinfo. « Mettre la France sur pause parce qu’il y a l’épidémie empêcherait les Français de se projeter dans l’avenir, et arrêter les réformes serait une erreur pour la capacité du pays à redémarrer », a indiqué de son côté le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, en marge de son point presse.

Des reconfinements locaux sont-ils possibles en revanche ? Et faut-il craindre le retour de mesures fortes, comme la limite des 100 km pour les déplacements ? Personne, au sein de l’exécutif, ne s’est prononcé sur ces deux options. Emmanuel Macron a seulement précisé ce jeudi que les nouvelles mesures pourraient être « déclinées territorialement », afin de mieux tenir compte de l’état de la situation dans chaque territoire. Gabriel Attal a lui refusé de commenter ces hypothèses tout en précisant : « On ne peut jamais rien exclure par principe. »





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