Le gaulliste Christian Poncelet, président du Sénat de 1998 à 2008, est mort


Christian Poncelet, gaulliste et ancien président du Sénat entre 1998 et 2008, est décédé à l’âge de 92 ans, a annoncé ce vendredi 11 septembre le maire de Remiremont, Jean Hingray, à l’AFP.

« Comme beaucoup de Romarimontains et de Vosgiens, je suis empreint d’une immense tristesse en apprenant le décès du président Poncelet », a indiqué le maire de cette commune des Vosges dont l’ancien deuxième personnage de l’Etat fut lui-même maire de 1983 à 2001.

« D’avoir eu l’immense chance de le connaître et le côtoyer, je retiens son extrême simplicité. Souhaitons que là où il sera, sa grande humanité pourra encore s’exprimer. Adieu président, adieu Ponpon”. »

Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a rendu hommage à « un élu passionné » qui « a consacré sa vie à la chose publique et à son territoire ». Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, a salué « un homme passionné par la France, enraciné dans son département des Vosges » et auteur d’un « impressionnant parcours politique ».

« Européen convaincu » et « gaulliste fidèle »

De fait, Christian Poncelet, qui se décrivait volontiers comme « un Européen convaincu et un gaulliste fidèle », a exercé pendant plus de cinquante ans un nombre considérable de mandats électifs.

Tour à tour été député, conseiller municipal, régional et général (pendant 52 ans), maire, député européen et sénateur, il a aussi servi comme secrétaire d’Etat dans trois gouvernements. Celui de Pierre Messmer (1973-1974), celui de Jacques Chirac (1974-1976) et celui de Raymond Barre (1976-1977), enchaînant le Budget puis les Relations avec le Parlement après les Affaires sociales et la Fonction publique.

Né le 24 mars 1928 à Blaise (Ardennes), Christian Poncelet a suivi les cours de l’Ecole nationale professionnelle des PTT avant d’être nommé contrôleur des télécommunications en 1953. Ancien membre du comité national confédéral de la CFTC, il est entré en politique en 1962 en se faisant élire député (UNR) des Vosges, mandat qu’il retrouve en 1967, 1968 et 1973. Il est élu en 1963 conseiller général de ce même département avant de prendre la présidence du conseil pendant près de 40 ans.

Des polémiques sur le train de vie du Sénat

Père de deux enfants, il a effectué trois mandats à la présidence du Sénat à partir de 1998 en ayant à coeur de moderniser cette vieille institution. Il a lancé la réforme du Sénat votée en 2003 : abaissement de l’âge d’éligibilité de 35 à 30 ans et réduction progressive du mandat de neuf à six ans. Et a voulu ouvrir la chambre haute du Parlement à la société civile en promouvant notamment des expositions photographiques sur les grilles du jardin du Luxembourg.

La fin de sa présidence a été rythmée par les polémiques grandissantes sur le train de vie du Sénat. Juste avant de quitter son poste, il a renoncé à occuper un appartement de 200 m2 mis à sa disposition à vie par le Sénat dans le VIe arrondissement de Paris, non sans dénoncer une « polémique démagogique, basse et indigne ».

Il est ensuite resté sénateur jusqu’en 2014 avant de prendre définitivement sa retraite politique l’année suivante à l’expiration de son mandat de conseiller général et président du département des Vosges. Il y a vécu ses dernières années, dans une maison de retraite à Remiremont.





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire