Uber chasse les véhicules diesel de son parc et prend le chemin de la neutralité carbone



Publié le 08 septembre 2020

Uber veut faire sa « révolution électrique ». Dès 2024, plus aucun véhicule diesel ne roulera pour la plateforme en France. Pour cela, le groupe prévoit un fonds de 75 millions d’euros sur cinq ans, dont la moitié sera payée par les usagers, pour aider financièrement les chauffeurs à acheter une voiture électrique. Cela s’inscrit dans un plan mondial de neutralité carbone en 2040.

C’était la première prise de parole de la nouvelle directrice générale d’Uber France Laureline Serieys et cela marque un tournant. Alors que le groupe vient d’annoncer viser la neutralité carbone en 2040 à l’international, sa dirigeante française dévoile son plan dans l’Hexagone pour mener sa « révolution électrique ». Ainsi, en France, dès 2024, plus aucun véhicule diesel ne pourra rouler pour la plateforme. Et cet engagement commence dès demain puisqu’à partir du 1er janvier 2021, les nouveaux véhicules diesels neufs ne pourront plus être enregistrés sur l’application. « Il est important que Uber prenne sa part dans la transition écologique et devienne pionnier de la mobilité verte », a fait valoir la directrice générale.

Il faut dire qu’aujourd’hui, sur les 30 000 chauffeurs réguliers d’Uber, seuls 17 % roulent avec des véhicules propres, la majorité étant des hybrides. L’ONG Transport & Environnement (T&E) avait calculé que les courses Uber à Londres et à Paris émettaient autant de CO2 que 250 000 voitures chaque année. « L’engagement d’Uber marque une étape décisive de la transformation vers des transports électriques moins polluants », indique Olivier Blond, Président de l’association Respire. « Nous espérons que les autres acteurs du secteur VTC, mais aussi les entreprises de taxis et de livraison s’en inspireront afin que la pollution de l’air diminue rapidement. Car le diesel tue », conclut-il. 

Augmentation du prix de la course

Pour entamer sa révolution, Uber compte soutenir financièrement les chauffeurs. Ainsi, à partir du 1er janvier prochain, les passagers paieront 0,03 euro de plus par kilomètre quand ils effectueront une course. Uber, qui s’engage pour chaque trajet à doubler cette mise, va ainsi créer un fonds entièrement dédié aux chauffeurs. Cette aide, qui devrait atteindre 75 millions d’euros en cinq ans, permettra aux chauffeurs de basculer vers l’électrique. Un chauffeur, qui roule en moyenne 42 heures par semaine pour Uber, cumulera en trois ans 4 500 euros d’aide pour s’acheter un véhicule électrique. 

Uber a noué des partenariats, amenant avec lui l’écosystème de la mobilité électrique. Un protocole d’accord européen a ainsi été signé avec Renault & Nissan pour faciliter l’accès aux véhicules électriques aux chauffeurs VTC via des « conditions commerciales attractifs ». EDF, avec sa filiale spécialisée Izivia, proposera aussi un tarif préférentiel aux chauffeurs grâce à 100 000 points de charges publics en Europe. Surtout la startup Power Dot va créer quatre centres de recharge rapide en Île-de-France exclusivement dédiés aux chauffeurs Uber. « À partir de décembre, aux Champs Élysées, à Châtelet, à Porte de Versailles et à Issy-les-Moulineaux, les VTC pourront recharger 80 % de leur batterie en moins de 30 minutes », promet le DG France de Power Dot, Matthieu Deschamps. 

« Avec le confinement, nous avons eu un aperçu de ce que pourrait être la vie avec moins de trafic et un air plus pur. Le secteur de la mobilité, et plus particulièrement des VTC, doit prendre dès aujourd’hui des mesures en faveur de l’électrification et œuvrer de concert avec les acteurs publics et privés », a souligné Laureline Serieys alors qu’une nouvelle étude de l’Agence européenne de l’environnement vient d’évaluer que 13 % des morts en Europe sont liés à la pollution, dont la pollution de l’air qui reste le premier facteur de mortalité derrière la pollution sonore et les produits chimiques. 

Marina Fabre, @fabre_marina





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