Dès 2021, plus de la moitié des utilisations du glyphosate seront interdites en France



Publié le 08 septembre 2020

Le ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a annoncé que plus de la moitié des utilisations du glyphosate seront interdites en France d’ici 2021. Un taux qui paraît faible alors que le chef de l’État avait annoncé l’année dernière qu’il existait des alternatives pour plus de 90 % des surfaces agricoles utilisant ce pesticide controversé. En reculant régulièrement l’échéance de sortie du glyphosate, la France, qui souhaitait devenir « le premier pays au monde » à l’interdire, s’est fait devancer.

C’est la bête noire du gouvernement. Le glyphosate, herbicide controversé, devait être interdit en France d’ici 2021, avait promis le chef de l’État en 2017. Mais face à l’ampleur de la tâche et le lobbying des principaux syndicats agricoles comme la FNSEA, Emmanuel Macron avait fait machine arrière. « Je sais que certains voudraient qu’on interdise tout du jour au lendemain. Je vous dis : pas faisable et ça tuerait notre agriculture. Et même en trois ans, on ne fera pas 100 %, on n’y arrivera pas », avait expliqué le Président de la République l’année dernière. 

Pour diminuer l’usage de cet agent actif de l’herbicide le plus vendu au monde, le Roundup, un plan de sortie du glyphosate, mené par le préfet Pierre-Etienne Bish a été lancé. Le but étant notamment de trouver des alternatives. Et justement, sur France Inter ce mardi 8 septembre, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili a annoncé que « plus de la moitié des utilisations du glyphosate » seront interdites d’ici la fin de l’année. « Sur le glyphosate, on a une mission en cours. J’ai eu le préfet Bish, qui est en train de s’en occuper et qui est plutôt en train de bien avancer dans la recherche pour qu’on ait des alternatives », a-t-elle expliqué.

Une interdiction complète d’ici 2023

Si la ministre précisera par la suite les cultures concernées, ce taux paraît assez faible alors qu’Emmanuel Macron avait souligné en 2019 que « les solutions existent pour 90 % de surfaces ». Et de poursuivre : « Pour les impasses restantes, notamment pour l’agriculture de conservation des sols ou les cultures en pente, nous mobiliserons la recherche pour trouver des alternatives avec un principe simple : je n’imposerai jamais une sortie s’il n’y a pas d’alternative crédible ».

La France avait pourtant l’ambition de devenir le « premier pays au monde à sortir du glyphosate », s’enorgueillissait sur les ondes d’Europe 1 l’ancien ministre de l’Agriculture Didier Guillaume. Mais en repoussant sans cesse l’échéance de cette interdiction, elle s’est fait devancer, dans l’Union européenne par l’Autriche notamment. La dernière date butoir, promise par le chef de l’État, doit être l’interdiction complète pour les exploitations qui n’ont pas d’alternative, d’ici 2023.  D’ici là, les États membres devront se prononcer sur le renouvellement de la licence du glyphosate sur le territoire européen et pourraient mettre un terme aux tergiversations françaises. 

Marina Fabre, @fabre_marina





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