Le Brief éco. Plan de relance, les conditions de la réussite


Jean Castex, Premier ministre, présente son plan de relance, le 3 septembre 2020 à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Comment faire pour que le plan de relance donne les résultats attendus ? 100 milliards d’euros débloqués par l’État pour permettre à l’économie française de retrouver dès 2022 son niveau d’avant-crise. L’objectif est-il réalisable ?

Ce plan est très ambitieux. Les 100 milliards viennent s’ajouter aux 470 déjà débloqués depuis le début de la crise au mois de mars. Cela fait une somme rondelette et il faut maintenant orchestrer la symphonie. Tout dépend des acteurs, la balle est dans leur camp : les entreprises, les consommateurs, les collectivités locales… sans oublier quelques facteurs non négligeables dont le contexte dans lequel nous vivons aujourd’hui.

On a dit et redit que le plan Castex, appelons-le ainsi, est historique. Il représente près de quatre fois le plan Sarkozy de 2008. Mais les deux crises n’ont rien à voir. 2008 : faillite d’une banque (Goldman Sachs), problème structurel et manque de régulation du capitalisme ; 2020 : virus non maîtrisable aux effets dévastateurs incertains dans le temps. La grande différence est donc l’incertitude totale sur les mois, les années à venir. Sans perspective, pas de confiance. Manque de confiance, perte de moral et dépression.

Les entreprises, bénéficiaires de dizaines de milliards d’euros du Plan Castex, vont-elles jouer le jeu,  investir et recruter ? Nos organismes de formation vont-ils s’adapter ? Les entreprises qui ont licencié ces derniers mois – aéronautique, automobile – ne sont pas celles qui vont réembaucher, du moins immédiatement. Il va falloir reconvertir vers d’autres métiers les salariés laissés sur le carreau.

Les ménages sont les acteurs clé. Vont-ils se remettre à consommer massivement ? Comment les convaincre d’une nécessaire réorientation de l’épargne abondante : cent milliards d’euros accumulés depuis mars, soit autant que le plan de relance. On en arrive à se demander si le plan présenté jeudi 3 septembre, basé sur l’offre avec les milliards injectés, n’appelle finalement pas un autre plan, axé cette fois sur la demande avec l’augmentation des investissements et la consommation du secteur public.



FranceTVinfo

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