Hollande, Mélenchon, Jadot… A gauche, les caprices se portent bien


L’union est un combat. En pleine parade nuptiale, la gauche en offre le spectacle équivoque. Comment défendre ses intérêts tout en faisant preuve de désintéressement ? Débordant d’empathie, chacun fourbit déjà ses arguments pour faire porter à l’autre la responsabilité de la discorde. « Vois comme je t’aime, ingrat ! » semblent se dire les soupirants. La main sur le cœur, le premier secrétaire socialiste, Olivier Faure, voudrait pousser l’abnégation jusqu’à mettre le PS au service du candidat vert et lui offrir, en guise de dot, la cagnotte du parti pour mener une campagne présidentielle. De quoi attiser les désirs d’avenir de Yannick Jadot ou d’Eric Piolle, rivaux d’une primaire écolo qui s’annonce fratricide.

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Mais les derniers grognards du hollandisme se rebiffent : pas question de confier la cassette à un donneur de leçons plus ou moins gauchiste. « Le Parti socialiste a le devoir de jouer le rôle de la grande force centrale à gauche », a rappelé un François Hollande toujours prêt à saisir sa chance à la faveur d’un malentendu…

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Se préparant à dégainer sa troisième candidature dès le mois d’octobre, Jean-Luc Mélenchon fait risette et dépêche des émissaires dans tous les jamborees progressistes de la rentrée. Mais le tribun ne lâchera rien. Il se sent « une vocation de candidat commun » et entend tirer parti de la querelle entre écolos réformateurs (à la Jadot) et écolos anticapitalistes (à la Piolle) pour étendre le domaine de l’insoumission.

Contradiction

Ecologiste, sociale-démocrate ou radicale, cette gauche sous tension idéologique saura-t-elle se ranger derrière un seul panache ? Sans doute lui serait-il plus aisé de bâtir une coalition parlementaire à la manière du cartel des gauches, du Front populaire ou de la gauche plurielle de Lionel Jospin qui, un temps, gouverna avec DSK, Aubry, Chevènement ou Mélenchon. Mais la « dream team » et son capitaine se sont fracassés sur l’élection présidentielle. Un rituel conçu par le général de Gaulle pour adouber un homme censément « providentiel » et légitimer un pouvoir personnel voire monarchique. Mystique, la couronne ne sied guère à un dirigeant issu de la gauche. Seul François Mitterrand, d’abord contempteur du « coup d’Etat permanent », sut se muer en César. François Hollande voulut être « normal ». Il ne s’en remit pas.

A gauche, il est habituel de conspuer une Ve République finissante coupée du peuple par les effets délétères de la présidentialisation. « Le président est la mesure de toute chose et il ne participe en rien à un mouvement collectif », résume Lionel Jospin dans une interview à « l’Obs ». Mais comment prétendre corriger cette personnalisation à outrance tout en briguant la magistrature suprême ? Il y a là une contradiction qui handicape la gauche. Et l’improbable promesse d’un Mélenchon de s’effacer au profit d’une Constituante censée fonder la VIe République fait fi de l’attachement viscéral d’une forte majorité de nos concitoyens à l’élection présidentielle. A contrario, la droite, même divisée, ou le centre macronien, rassemblé derrière son chef, apparaissent en accord avec la lettre et l’esprit des institutions.

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Comment changer la donne ? Constatant que les prétendants mâles se neutralisent dans un vain combat, l’électorat de gauche pourrait logiquement être tenté par la candidature fédératrice d’une femme à la fois socialiste et écologiste. Ségolène Royal s’y revoit. Mais elle est bien la seule. Anne Hidalgo, la maire de Paris, assure qu’elle n’y songe même pas. Mais déjà d’autres le font pour elle.





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