EXCLUSIF. Lionel Jospin sort du silence



Il arrive à peine de l’île de Ré, où il a passé un bel été. Lionel Jospin nous reçoit longuement chez lui, au milieu des livres et des tableaux. Il n’a pas parlé depuis de longues années. Mais il vient d’écrire « Un temps troublé » (Seuil). Il est en face de nous pour raconter notre époque si singulière, le ressort de l’élection d’Emmanuel Macron, la désillusion qu’elle a engendrée. Il est là pour parler de sa famille politique, la gauche, qu’il n’abandonnera jamais, mais qui, elle, a parfois laissé tomber les siens. Et pour analyser la fin du cycle néolibéral, le monde tel qu’il va ou ne va pas, et plaider pour l’écologie et la justice sociale. Lionel Jospin a quitté la vie politique le soir du 21 avril 2002. A 83 ans, il n’a nullement l’intention de la retrouver. Loin d’elle, il est heureux. Au fil de la conversation, on mesure à quel point il nous a manqué. Retrouvailles avec une des dernières grandes voix de la gauche.

Vous ne vous êtes pas exprimé depuis de longues années. Pourquoi cette discrétion ?

Je n’ai pas quitté la vie politique active en 2002 pour me transformer en commentateur de l’actualité. Je me suis surtout exprimé dans des livres. Et puis, au cours des quatre dernières années, j’avais un devoir de réserve comme membre du Conseil constitutionnel.

Le silence, vous le rompez aujourd’hui…

Une fois ma liberté de parole retrouvée, j’ai voulu répondre à un double besoin : comprendre le bouleversement qui a saisi le système politique français en 2017 et ce qui en a rés

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nouvelobs

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