de plus en plus d’entreprises incitent leurs salariés à revenir


Une femme poursuit son télétravail pendant le déconfinement, le 05 juin 2020. (CLAIRE LEYS / FRANCE-BLEU DRÔME-ARDÈCHE)

De nouvelles discussions se sont tenues hier après-midi entre les représentants des syndicats et du patronat au sujet du télétravail. Si on ne semble pas se diriger vers de nouvelles règles qui s’imposeraient à tous, les entreprises abordent la rentrée en ordre dispersé. Et nombreuses sont celles qui freinent et exigent le retour des salariés.

Le télétravail aura-t-il été un feu de paille ? Ou au contraire, a-t-on franchi un cap pendant le confinement, après lequel il n’y aurait pas de retour en arrière ? De 27% de télétravailleurs, on est passé à 15%, selon un sondage Yougov. D’après le vice-président de l’association des directeurs de ressources humaines, Benoît Serre,  les entreprises sont entrées dans une grande phase de réflexion. Après une adoption forcée du télétravail sur un mode très dégradé, sans préparation, sans réorganisation, l’heure serait à la pause. Une pause nécessaire pour préparer une installation durable d’une nouvelle forme de télétravail.

Pour Benoît Serre, cette réflexion pourrait durer quelques mois, et la question pourrait être traitée dans le cadre des négociations annuelles obligatoires, en début d’année prochaine. Les entreprises ont bien enregistré l’attente des salariés pour un maintien du télétravail – selon un sondage mené en juin, plus de huit salariés sur dix veulent continuer à travailler hors les murs – mais elles veulent se donner du temps pour remettre à plat leur modèle de management, leurs systèmes de contrôle. D’un mot, toute leur organisation.

Pourtant, de nombreuses entreprises ont officialisé et étendu le télétravail. On peut citer deux accords parmi les plus marquants qui ont été signés ces derniers jours. Le premier concerne la mutuelle MGEN. Elle vient d’octroyer 90 jours de télétravail, à prendre quand on veut sur l’année. Une formule très souple et très originale. Et l’assureur Maif qui vient de généraliser le télétravail pour tous ses salariés. Eux bénéficient d’un forfait mensuel de jours, sous réserve d’une présence sur le site de deux ou trois jours.

Pourquoi de tels accords ? Parce que la demande est forte. Dans une petite entreprise de communication parisienne, l’annonce de l’octroi d’un seul jour de télétravail par semaine, à la sortie du confinement, a provoqué une bronca. Résultat : la direction a cédé et octroyé un deuxième jour, tant que le virus circulerait. Un rapport de forces qui se joue dans beaucoup d’entreprises, tiraillées entre les attentes des salariés et le désir de la direction de retrouver un contrôle visuel sur leurs collaborateurs. Mais tout peut changer si la circulation du virus s’accélère : 27% des clusters concernent des entreprises, selon tous les derniers chiffres de Santé Publique France.

    



FranceTVinfo

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