Une centaine de familles sans-abri ont planté leur tente sur le parvis de l’hôtel de ville de Paris


Une centaine de familles de migrants se sont installées dans la nuit de lundi à mardi sur le parvis de la mairie de Paris, pour réclamer un accueil « digne » et un hébergement, a constaté un journaliste de l’AFP.

Peu avant minuit lundi, 219 personnes, essentiellement originaires de Somalie, d’Afghanistan et de Côte d’Ivoire, dont 59 enfants et 15 femmes enceintes, ont investi la place de l’Hôtel-de-Ville, au cœur de la capitale, et y ont déployé en moins de cinq minutes une centaine de tentes.

Ces familles et femmes isolées qui vivaient jusqu’alors dans la rue, souvent dans des campements informels à la lisière de Paris et de la Seine-Saint-Denis, « doivent être hébergées de façon digne et inconditionnelle », a demandé Maël de Marcellus, coordinateur parisien de l’association Utopia56, à l’initiative de cette action.

« Cela fait plus d’un mois qu’on alerte la mairie de Paris sur leur situation et qu’on n’obtient pas de réponse. C’est une action symbolique : la mairie ne peut plus fermer les yeux. Ce n’est pas normal que pour les primo-arrivants, qui représentent 50 % de ces personnes, la rue devienne un passage obligé en arrivant en France », a-t-il déploré, réclamant notamment une « refonte du premier accueil ».

Une « mise à l’abri » rapide réclamée

« Depuis le début de l’année 2020, 667 familles ont sollicité notre association pour un hébergement, soit 1 642 personnes dont 185 enfants de moins de trois ans », affirme aussi l’association au « Parisien », qui souligne qu’à la suite du démantèlement des campements d’Aubervilliers fin juillet dernier, 15 nouvelles familles se sont rapprochées d’elle.

Anne Hidalgo a un plan pour les migrants à Paris

D’après l’association, « chaque nuit, les forces de police [sont] déployées pour déloger les familles installées sous tente et les repousser en dehors de Paris, dans une volonté politique délibérée d’invisibiliser leur situation. Le message est donc clair : déplacer le problème au lieu de le régler ».

L’adjoint au Logement Ian Brossat a réclamé « une mise à l’abri […] au plus vite pour que chacune des familles qui sont aujourd’hui sur le parvis de l’Hôtel de Ville puisse être hébergée tout au long de sa démarche d’asile ».





nouvelobs

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