Comics : Stranger Things – Zombie Boys


Stranger Things – Zombie Boys
États-Unis : 2020
Titre original : –
Auteurs : Greg Pak (scénario), Valeria Favoccia (dessins), Dan Jackson (couleurs)
Genre : Comics, Fantastique
Éditeur : Mana Books
Traduction : Sarah Grassart
Date de sortie : 27 août 2020
Nombre de pages : 72

En attendant la quatrième saison de la série-événement des frères Duffer (qui devrait logiquement débarquer sur Netflix courant 2021), Mana Books vous propose de vous replonger dans Stranger Things par le biais du comic-book Stranger Things – Zombie boys. Sortie en février sous la bannière de Dark Horse Comics aux États-Unis, la mini-série vient tout juste de débarquer en France dans une belle édition délaissant cela dit le petit format traditionnel du comics pour adopter celui de la « bande dessinée » classique de type franco-belge (cartonné et 22×30 cm).

1983. Le printemps s’est installé dans la (presque) paisible ville d’Hawkins. Mike, Lucas, Dustin et Will essayent tant bien que mal de se remettre de leur rencontre traumatisante avec le Démogorgon. Le Monde à l’Envers continue de les hanter et des tensions naissent entre les quatre garçons : leur groupe est au bord de l’éclatement. C’est à ce moment que Joey Kim, un nouvel élève, vient frapper à la porte du club d’audiovisuel, un caméscope à la main et des idées plein la tête. Cet apprenti Spielberg veut en effet réaliser un film de zombies basé sur les dessins de Will, et leur propose de jouer dedans. Ce projet sera sans doute l’opportunité pour les jeunes acteurs de resserrer leurs liens et de surmonter les horreurs qu’ils ont vécues…

Retour donc à Hawkins en 1983, pour une histoire indépendante qui se déroule entre la première et la deuxième saison du show – attention aux [Spoilers] si vous n’avez pas encore vu la première saison donc. Troisième série de comics se déroulant dans l’univers de la série de Netflix, Stranger Things – Zombie boys est l’occasion de retrouver Mike, Lucas, Dustin et Will sous le coup de crayon de Valeria Favoccia.

Formée aux adaptations sur une poignée de mini-séries éditées par Dark Horse, Boom! Studios et Titan Comics (Assassin’s Creed, Power Rangers, Doctor Who…), elle succède à Stefano Martino (Stranger Things – De l’autre côté, 2018) et Edgar Salazar (Stranger Things – Six, 2019). Son style dynamique et plein de vie colle d’ailleurs parfaitement à l’énergie débordante des jeunes héros de la série.

Centrant sa narration sur les personnages et leurs expressions, mais également peut-être un peu pressée par le temps, Valeria Favoccia fait en revanche souvent le choix de sacrifier ses décors au profit des éléments de premier plan. Grâce au travail de Dan Jackson, coloriste de talent, ce défaut typique d’une narration basée sur le mouvement héritée du manga, passera plus ou moins inaperçu selon les planches.

Côté scénario, Jody Houser cède sa place à Greg Pak, célèbre auteur de l’écurie Marvel, notamment connu pour son boulot sur X-Men, Hulk ou encore Star Wars. Dans Stranger Things – Zombie boys, il emmène les quatre inséparables garçons tourner un film en Bétamax dans la forêt de Hawkins. Un film de zombies faisant écho aux états d’âme du jeune Will Byers, mais qui paradoxalement l’aidera à surmonter ses angoisses et à renouer le dialogue avec ses amis.

Plus légère et plus amusante qu’à l’accoutumée, cette nouvelle incursion dans l’univers Stranger Things introduit un nouveau personnage : Joey Kim, qui avec sa caméra sur l’épaule et son envie de faire du cinéma évoquera forcément ce que l’on connaît des débuts de Steven Spielberg. La référence est d’autant plus évidente que lors de sa première apparition, le personnage porte un T-Shirt des Dents de la mer.

Les clins d’yeux aux classiques du cinéma populaire des années 70/80 sont d’ailleurs évidemment légion. George A. Romero est littéralement au centre du récit, La nuit des morts-vivants servant de modèle au film des jeunes garçons, avec un running gag sur le fait que le noir y meure en dernier. On trouvera également ça et là quelques références à Star Wars, au cinéma et à la carrière de Bruce Lee ou encore à E.T l’extra-terrestre.

Sympathique mais trop court pour s’avérer pleinement abouti, le scénario de Greg Pak évoque en fait une espèce de relecture mélancolique de Super 8, ayant la particularité de ne pas proposer le moindre élément fantastique. Malin, Pak utilise cela dit à bon escient les événements survenus durant la première saison de la série TV et les transforme en catalyseurs d’un récit de coming of age – ou de passage à l’âge adulte – resserré autour d’un tournage de film entre amis.

Le moins que l’on puisse dire bien sûr, c’est qu’en seulement 72 pages et avec une narration passant largement par l’image, cette histoire de coming of age est plutôt vite expédiée, et d’autant plus vite lue. Mais le talent de Valeria Favoccia pour coucher sur le papier des dessins pleins de pep’s fait que le lecteur reviendra sans doute régulièrement feuilleter les pages de cette histoire attachante, bourrée de références à la pop culture et développant certains aspects de la personnalité des jeunes héros – on pense notamment à l’attachement de Mike pour Eleven.

Au final, le plaisir de retrouver des personnages familiers dans un récit inédit prendra donc le dessus sur toute autre considération, et c’est avec un large sourire aux lèvres que l’on rangera Stranger Things – Zombie boys dans sa bibliothèque, à côté des autres volumes édités par Mana Books.



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