La France compte 8 132 fichés pour radicalisation à caractère terroriste, révèle Darmanin


8 132 personnes sont à ce jour inscrites au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), a annoncé ce lundi 31 août le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. En déplacement au siège de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), le ministre a souligné que la menace terroriste « demeurait extrêmement élevée sur le territoire », en précisant que le « risque terroriste d’origine sunnite demeurait la principale menace à laquelle est confronté notre pays ».

L’agent « 562 », l’enquêteur invisible et tenace des attentats de janvier 2015

Deux jours avant l’ouverture du procès des attentats de « Charlie Hebdo » et de l’Hyper Cacher, en janvier 2015, le ministre de l’Intérieur a assuré que « la lutte contre le terrorisme islamiste était une grande priorité du gouvernement ». « Nous mènerons un combat sans relâche […] nous ne renoncerons jamais à traquer sans relâche ces ennemis de la République », a-t-il insisté.

Détaillant les formes de la menace terroriste, Gérald Darmanin a estimé que « malgré la défaite militaire de l’Etat islamique […] la composante extérieure de la menace [action terroriste élaborée à l’étranger et projetée en France, NDLR], même si elle a diminué, devait continuer à faire l’objet de toute notre attention ».

Plus de 1 200 embauches à la DGSI

Néanmoins, pour lui, c’est « la menace endogène [projets d’actes terroristes élaborés sur le territoire, NDLR] qui est la plus prégnante et la plus forte ». Il ajoute :

« Elle est nourrie par la propagande des groupes terroristes, inspirée des vétérans du djihad mais également par l’emprise que les tenants d’un islam radical s’efforcent d’avoir dans certains de nos quartiers. »

Le ministre a estimé que « la menace représentée par des individus adeptes de l’islam radical […] deven(ait) un défi croissant pour les services de renseignement qui assurent aujourd’hui le suivi de 8 132 individus inscrits au FSPRT ». Face à l’ampleur des défis dans la lutte contre le terrorisme, Gérald Darmanin a mis l’accent sur les moyens supplémentaires alloués à la DGSI, qui verra ses effectifs augmenter de « 1260 agents dans tout le quinquennat ».

Il a confirmé que cette direction déménagerait prochainement, à Saint-Ouen, grâce à l’achat effectué en début d’année des terrains auparavant occupés par le journal « le Parisien ». L’opération « se chiffre à plus d’un milliard d’euros », a-t-il dit.

Groupuscules suprémacistes

Abordant la question de la libération prochaine des « 505 détenus terroristes islamistes en lien avec la mouvance islamiste », auxquels il a ajouté « 702 détenus de droit commun susceptibles de radicalisation », il a fait valoir qu’il s’agissait d’un « défi sécuritaire majeur ».

« Le risque de récidive des djihadistes qui sortent de prison est élevé »

« En 2020 », a-t-il dit, « les prévisions de libération sont évaluées à 45 détenus pour des faits d’association de malfaiteurs terroristes », et en 2021 à « 63 terroristes islamistes condamnés ».

Gérald Darmanin a appelé en outre à la vigilance concernant « d’autres formes d’action » émanant « de groupuscules radicaux ou d’individus isolés partisans du recours à la violence ». Il a cité à cet égard l’arrestation en mai dernier à Limoges d’un « suprémaciste », qui voulait s’en prendre à des lieux de cultes juifs.





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire