La Bourse de Paris fait grise mine, entre Fed et récession française (-0,04%)


La Bourse de Paris faisait grise mine à la mi-séance vendredi (-0,04%), affectée par la récession française et des annonces du président de la banque centrale américaine (Fed) la veille qui suscitaient des réactions mitigées.

Vers 13H00 (11H00 GMT), l’indice parisien baissait de 2,18 points à 5.013,94 points après avoir ouvert en hausse, puis de nettement reculer avant de réduire ses pertes.

Le retournement de tendance après la baisse a eu lieu peu après la confirmation de la chute historique du PIB français au deuxième trimestre, du jamais-vu depuis 1949. Après un recul du PIB de 5,9% entre janvier et mars, la France est donc officiellement entrée en récession à l’issue du premier semestre.

Il s’est affiché en recul de 13,8% au deuxième trimestre en raison du confinement qui a conduit les Français à beaucoup épargner au détriment de la consommation.

Il s’est aussi produit après la chute de la Bourse japonaise sous l’effet de la démission du Premier ministre Shinzo Abe pour raisons médicales.

« Les marchés sont un peu inquiets du fait que le prochain dirigeant soit moins ouvert à une politique aussi accommodante » que ne l’a été M. Abe, connu pour son programme de relance économique massif, les « Abenomics ».

Mais surtout, le marché continuait à disserter des annonces la veille du patron de la Fed, Jerome Powell, véritable métronome des marchés financiers à travers le monde mais dont l’annonce a cette fois laissé perplexes et plutôt en désaccord les analystes.

Selon Thierry Claudé, gérant chez Kiplink « Powell reste dans sa ligne de conduite », en annonçant que l’inflation pouvait demeurer au-dessus de l’objectif de 2,0% « pendant un certain temps » avant que la Fed n’ait à agir en augmentant les taux d’intérêt.

Il « n’a fait qu’officialiser le virage ultra accommodant pris par la banque centrale américaine depuis le début de la crise du Covid-19 », emboite Eric Bourguignon, membre du Directoire de Swiss Life Asset Managers

– ‘Nouvelle approche’ –

Pour d’autres en revanche, à l’instar d’Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank, la Fed a proposé « une nouvelle approche politique » permettant de maintenir les taux au plancher tant que la pandémie « fait des ravages dans les entreprises ».

De ce fait, les marchés peinaient à avoir une position claire à travers l’Europe, les Bourses de Francfort et Londres reculant à la mi-séance tandis que Madrid et Rome montaient, et les contrats à terme à Wall Street évoluant en ordre dispersé.

La séance américaine sera notamment marquée vendredi par la publication de l’indice des prix à la consommation PCE pour juillet, l’indicateur préféré de la Fed pour calculer le niveau d’inflation.

Parmi les valeurs du jour vendredi, le groupe pharmaceutique français Sanofi reculait de 0,89% à 85,38 euros après avoir annoncé formellement lancer son offre publique d’achat en vue de l’acquisition de la biotech américaine Principia Biopharma.

Deutsche Bank a dégradé sa recommandation concernant Aéroports de Paris (-0,45% à 104,87 euros) à « conserver » contre « acheter » et revu son anticipation de cours à 90 euros contre 130 euros précédemment.

Le secteur bancaire dominait la cote parisienne au lendemain du changement de politique de la Fed: Crédit Agricole prenait 2,90% à 8,87 euros, BNP Paribas 3,82% à 37,90 euros, et Société Générale 2,81% à 14,12 euros.



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