Le plan de relance de Jean Castex est-il bien calibré?



Au moment de terminer son intervention devant les patrons rassemblés par le Medef le 26 août à l’hippodrome de Longchamp, le Premier ministre a rappelé cette vérité basique en économie: « La psychologie collective est un des principaux déterminants dans l’art d’investir et de consommer », a lancé Jean Castex avec son accent chantant. Le discours servi flattait effectivement la psychologie de l’auditoire. Mais le choix d’un plan de relance de 100 milliards d’euros axé quasi-exclusivement sur l' »offre », plutôt que sur la « demande », (à l’exception des 100 euros supplémentaires octroyés à l’allocation de rentrée scolaire) est-il la bonne option ?

Pour défendre sa ligne économique, le Premier ministre a avancé que « c’est en France que le revenu des ménages a été le mieux préservé », avec l’aide massive que représente le dispositif de chômage partiel, pour lequel 31 milliards d’euros ont déjà été budgétés. Un effort effectivement parmi les plus importants au sein des pays de l’OCDE, avec le Royaume-Uni. Il a d’ailleurs précisé que ce mécanisme serait prolongé d’un mois jusqu’au 1er novembre pour toutes les entreprises et jusqu’à la fin de l’année pour les secteurs les plus touchés (culture, sport, tourisme, événementiel).

Pas de baisse de TVA

Pas question donc de se lancer dans une baisse de la TVA, réclamée par certains partis de gauche et syndicats, et mise en œuvre en Allemagne au second semestre. Le gouvernement en est donc réduit à espérer que les Français investissent rapidement dans l’économie les 100 milliards d’euros épargnés dans la crise, comme les y a encouragés le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, dans un entretien aux Echos. Encore faut-il que leur confiance reparte, alors que l’indicateur de l’Insee pour le mois d’août, publié hier, reste désespérément scotché à 94, nettement en deçà de la moyenne historique (100).

Deuxième question induite pas le plan dont les articulations ont été dévoilées à l’hippodrome de Longchamp par Jean Castex: va-t-il assez loin, notamment dans la baisse des impôts de production, très décriés par les patrons et les économistes ? Dans une note publiée avant la crise, le Conseil d’analyse économique (CAE), rattaché à Matignon, rappelait que la France se distingue de ses voisins européens à la fois par l’importance de ces impôts (près de 50 milliards d’euros, soit 2% du PIB et 3,6% de la valeur ajoutée des entreprises) et par leur nombre. De quoi complexifier à l’excès la fiscalité des entreprises et peser fortement sur la productivité et la compétitivité.

Les impôts de production allégés

Dans son plan de relance, le gouvernement a prévu une diminution de ces impôts de 10 milliards d’euros en 2021 et du même montant en 2022. Deux taxes sont visées. La première, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), au mode de calcul très opaque, a coûté aux entreprises 19 milliards en 2019; ce montant, qui a vocation à être divisé par deux, peut toutefois varier fortement d’une année à l’autre selon la croissance. La seconde, la cotisation foncière des entreprises (CFE), assises sur la valeur des locaux professionnels, s’est élevée à huit milliards l’an passé. Le CAE préconisait d’aller plus loin et de supprimer purement et simplement la CVAE, jugée comme le plus nocif des deux. Ce qui était évidemment bien plus coûteux sur le plan budgétaire.

Le gouvernement n’a pas non plus choisi de s’attaquer davantage à la Contribution sociale de solidarité (C3S), qui pèse près de quatre milliards. Au motif notamment qu’elle ne concerne plus que les entreprises réalisant plus de 19 millions d’euros de chiffre d’affaires et non les petites PME. Or, le CAE estime qu’il s’agit du pire des impôts de production puisqu’il taxe le chiffre d’affaires et a donc pour effet de rehausser le seuil de rentabilité des entreprises. Et les experts montrent, dans leur note, que la C3S a des effets en cascade sur toute la chaîne de production, y compris les plus petites entreprises.

A l’inverse, Jean Castex a décidé de poursuivre la baisse progressive de l’impôt sur les sociétés, dont le taux doit converger vers 25% en 2022, contre 28% à 31 % aujourd’hui selon la taille de l’entreprise. Le CAE jugeait pourtant cette mesure moins prioritaire que la suppression des impôts de production. Mais il était difficile politiquement de revenir sur une réforme initiée et promise aux patrons par François Hollande sous le précédent quinquennat.

Au moment de terminer son intervention devant les patrons rassemblés par le Medef le 26 août à l’hippodrome de Longchamp, le Premier ministre a rappelé cette vérité basique en économie: « La psychologie collective est un des principaux déterminants dans l’art d’investir et de consommer », a lancé Jean Castex avec son accent chantant. Le discours servi flattait effectivement la psychologie de l’auditoire. Mais le choix d’un plan de relance de 100 milliards d’euros axé quasi-exclusivement sur l' »offre », plutôt que sur la « demande », (à l’exception des 100 euros supplémentaires octroyés à l’allocation de rentrée scolaire) est-il la bonne option ?

Pour défendre sa ligne économique, le Premier ministre a avancé que « c’est en France que le revenu des ménages a été le mieux préservé », avec l’aide massive que représente le dispositif de chômage partiel, pour lequel 31 milliards d’euros ont déjà été budgétés. Un effort effectivement parmi les plus importants au sein des pays de l’OCDE, avec le Royaume-Uni. Il a d’ailleurs précisé que ce mécanisme serait prolongé d’un mois jusqu’au 1er novembre pour toutes les entreprises et jusqu’à la fin de l’année pour les secteurs les plus touchés (culture, sport, tourisme, événementiel).

Pas de baisse de TVA

Pas question donc de se lancer dans une baisse de la TVA, réclamée par certains partis de gauche et syndicats, et mise en œuvre en Allemagne au second semestre. Le gouvernement en est donc réduit à espérer que les Français investissent rapidement dans l’économie les 100 milliards d’euros épargnés dans la crise, comme les y a encouragés le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, dans un entretien aux Echos. Encore faut-il que leur confiance reparte, alors que l’indicateur de l’Insee pour le mois d’août, publié hier, reste



challenges

A lire aussi

Laisser un commentaire