Le Liban a « touché le fond » et doit se réformer, dit Washington



WASHINGTON (Reuters) – La communauté internationale ne financera plus des dirigeants libanais qui privilégient leur enrichissement personnel au mépris de la volonté populaire, a déclaré mercredi un haut responsable de la diplomatie américaine, ajoutant que le Liban avait « touché le fond » et devait engager des réformes de grande ampleur après l’explosion meurtrière du 4 août.

David Hale, sous-secrétaire d’Etat, a tenu ces propos une semaine après une visite à Beyrouth, la capitale libanaise, en partie détruite il y a deux semaines par l’explosion de quelque 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis des années dans le port.

La catastrophe, qui a fait au moins 172 morts, 6.000 blessés et 300.000 sans abri, s’ajoute à une grave crise économique qui a nourri ces derniers mois la colère populaire contre l’élite politique libanaise.

Les Libanais « voient leurs dirigeants utiliser le système pour s’enrichir tout en ignorant les revendications populaires », a dit David Hale.

« Cette époque est révolue. Il n’y a plus d’argent pour ça. Ils ont touché le fond et un jour ou l’autre, je pense, les dirigeants vont réaliser qu’il est temps que cela change. »

« Et si ce n’est pas le cas, je suis convaincu que l’opinion publique fera monter la pression sur eux », a-t-il ajouté lors d’une téléconférence au cours de laquelle il a évoqué entre autres la nécessité de mettre en oeuvre des réformes économiques et budgétaires et de mettre fin à une corruption endémique.

L’explosion du port, a-t-il poursuivi, « est symptomatique de problèmes plus larges au Liban ».

« Nous ne pouvons pas résoudre ça de l’extérieur. Les dirigeants libanais doivent apporter la preuve de leur volonté politique et de leur engagement à le faire, c’était l’essentiel de mon message », a également dit David Hale.

(Marc Angrand)



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