la préface qui le place sous le feu des critiques


Une nouvelle casserole pour Eric Dupond-Moretti ? Depuis dimanche, le tout nouveau garde des Sceaux se trouve au cœur d’une polémique. La raison ? Le ministre a signé, avant son arrivée place Vendôme, la préface d’« Un chasseur en campagne », livre de Willy Schraen, président de la Fédération nationale des Chasseurs, paru ce mardi 18 août. Problème : le ministre de la Justice y invective les défenseurs de la cause animale et autres « ayatollahs de l’écologie ».

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« Ce livre, les ayatollahs de l’écologie s’en serviront pour allumer le barbecue où ils cuiront leurs steaks de soja », écrivait l’ancien pénaliste avant d’entrer au gouvernement, désignant les écologistes comme des « intégristes » et des « illuminés », comme l’a révélé « le Journal du dimanche » qui a pu consulter le livre avant sa sortie.

« Ils veulent que nous ayons honte d’être chasseur, […] nous culpabiliser d’être ce que nous sommes, car nous sommes aussi notre passion. Et depuis trop longtemps nous refusons de nous défendre, convaincus sans doute que l’intolérance et l’absurde ne méritent pas de réponse », martèle le ministre dans la préface en question.

Si Eric Dupond-Moretti n’a jamais caché sa passion pour la chasse, ces propos viennent s’insérer dans un contexte de tensions au niveau de la défense de la cause animale : de nombreux parlementaires et activistes font circuler depuis le début du mois de juillet une pétition pour organiser un référendum d’initiative partagée afin de lutter contre la maltraitance animale. « L’Obs » rembobine la polémique.

  • Les écologistes montent au créneau

A la suite de la révélation de ces extraits par « le Journal du dimanche », certains élus écologistes se sont emportés contre les propos du ministre de la Justice. Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Ecologie-les Verts, a appelé au « débat » sur la chasse, en avançant des chiffres de l’Ifop en 2017 selon lesquels 84 % des Français seraient contre cette pratique [PDF].

Matthieu Orphelin, coprésident du groupe Ecologie, Démocratie, Solidarité à l’Assemblée nationale, s’est joint à ces propos en dénonçant une rhétorique « anti-écologique, qui cherche à discréditer ».

Un vocabulaire également décrié par les associations de défense de l’environnement et des animaux. Réagissant aux propos du ministre de la Justice, le collectif One Voice a fait part de son exaspération en invitant Eric Dupond-Moretti à « ne pas inverser les rôles ».

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  • Dupond-Moretti se défend

Dans la foulée des premières critiques, le garde des Sceaux s’est expliqué sur Twitter en expliquant qu’il faisait une différence entre les écologistes et les « ayatollahs », affirmant être lui-même un défenseur de la nature : « On peut être contre l’interdiction d’une certaine chasse et défenseur du climat et de la nature, comme je le suis et l’ai toujours été. »

« Je n’ai jamais incriminé les écologistes mais des ayatollahs de l’écologie. Les premiers sont pour moi bien différents des seconds », a-t-il expliqué, dénonçant également un manque de nuance dans les jugements à son encontre : « Y a-t-il encore de la place pour la nuance et le rassemblement dans notre société ? »

  • Le député LREM Pascal Canfin en rajoute une couche

Même l’eurodéputé LREM Pascal Canfin, interviewé sur France-Inter ce mardi 18 août, a dénoncé l’emploi de l’expression d’« ayatollahs de l’écologie » par le ministre de la Justice : « C’est une expression employée depuis des années et des années par ceux qui n’ont rien vu venir, qui étaient généralement climatosceptiques, qui ont toujours nié la réalité scientifique de la crise de la biodiversité », a-t-il expliqué au micro de Carine Bécard.

Mais Pascal Canfin a également tenu à apaiser le débat autour de la préface contestée, rappelant qu’elle avait été rédigée par Eric Dupond-Moretti « lorsqu’il n’était pas ministre ». Ajoutant que le garde des Sceaux n’était pas « chargé de ces questions » au gouvernement, l’élu a appelé à « relativiser » : « C’est un point de vue personnel, un point de vue dans lequel je ne me reconnais absolument pas. »

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L’eurodéputé a cependant fustigé l’« imposture » incarnée par Willy Schraen, l’auteur du livre, qui fait lui aussi face à de vives critiques après avoir invité les parlementaires ayant signé en faveur du référendum pour les animaux à « rendre leur mandat ».





nouvelobs

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