Antoine Boudinet, « gilet jaune » mutilé et élu à Bordeaux



La vidéo a fait le tour du monde. Celle d’un jeune homme qui émerge d’un nuage de gaz lacrymogène en hurlant, la main déchiquetée. Antoine Boudinet, animateur socioculturel, a « tout de suite compris » que sa vie « basculait ». Mais n’imaginait pas vers quoi. Dix-huit mois plus tard, l’emblème des « gilets jaunes » mutilés, icône d’un mouvement viscéralement antipolitique, est élu à Bordeaux. En ce 3 juillet 2020, il participe à son premier conseil municipal. En gilet jaune, pantalon kaki à poches, grosses bottes et moignon en évidence plaqué son écharpe municipale, il tranche avec ses comparses en costume. Un large sourire fend son visage fin. Antoine, 27 ans, est content d’être là et ne le cache pas.

Dans l’auditorium où se pressent les médias, il repère son nom, inscrit sur un fauteuil. Dans la même rangée, il aperçoit un élu de La République en Marche (LREM), sursaute, se reprend, marmonne : « Pas grave, on a le même poste maintenant ! » Puis rit de sa blague. Aujourd’hui, Antoine vote pour élire le maire. Qui sera écolo. La dame au micro appelle « le benjamin des conseillers » à venir compter les bulletins. Antoine saute de son siège. Dans le fond de la salle, des supporters l’applaudissent et entament le chant classique des manifestations : « On est là, on est là ! Même si Macron ne le veut pas, nous, on est là ! Pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur… » Antoine lève le poing gauche, hilare.

« Il n’y avait rien à sauver »

Rien ne le prédestinait à deveni

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nouvelobs

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