[La mondialisation dans l’assiette] L’huile de coco, parfois plus impactant sur la biodiversité que l’huile de palme



L’huile de coco, très tendance depuis quelques années dans les pays occidentaux, est perçue comme bonne pour la planète et la santé. Or, une nouvelle étude révèle qu’elle a un impact très néfaste sur la biodiversité, parfois pire que l’huile de palme. Cette dernière est pourtant de plus en plus dénoncée pour son rôle dans la déforestation. Toute la semaine, Novethic se penche sur les effets néfastes de nos modes alimentaires. 

L’huile de palme est devenue en quelques années la paria de l’agroalimentaire. La culture intensive de palmiers à huile, accusée de déforester et de détruire l’habitat des orangs-outans, est décriée par les associations écologistes. Les consommateurs informés s’en détournent, poussant les marques à revoir leurs recettes. Ce n’est pourtant pas la seule huile à avoir un impact néfaste sur l’environnement et la biodiversité. L’huile de coco, très tendance, considérée comme saine et bonne pour la planète, menacerait bien plus d’espèces que l’huile de palme, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Current Biology. 

La production d’huile de coco affecterait 20 espèces menacées par million de tonnes d’huile produite. « C’est plus élevé que les autres cultures oléagineuses, telles que le palmier (3,8 espèces par million de tonnes), l’olive (4,1) et le soja (1,3) », note l’équipe internationale de chercheurs qui a mené cette recherche. « L’étude montre que la principale raison du nombre élevé d’espèces affectées par la noix de coco est que la culture est principalement cultivée sur des îles tropicales avec une riche diversité et de nombreuses espèces uniques », ajoutent les spécialistes dans un communiqué.

Préférer des huiles locales comme le colza ou l’olive

Ainsi, la culture de noix de coco aurait contribué à l’extinction du Renard volant des Samoas, une espèce de chauves-souris, le zostérops de Marianne, un petit oiseau des Seychelles et menacerait notamment les tarsiers, un primate aux grands yeux vivant sur l’île indonésienne de Sangihe. « Le résultat de notre étude a été une surprise », a déclaré l’auteur principal Erik Meijaars, « De nombreux consommateurs occidentaux considèrent les produits de la noix de coco comme à la fois sains et leur production relativement inoffensive pour l’environnement. Il s’avère que nous devons repenser aux impacts de la noix de coco.« 

Le but de l’étude, expliquent les chercheurs, n’est pas que les consommateurs se détournent de l’huile de coco au profit de l’huile d’olive par exemple. Mais qu’ils prennent conscience que les informations sont parfois parcellaires. « Nous faisons très attention à ne pas dire que le cocotier est un problème plus grave que le palmier à huile », a insisté le chercheur qui préside également le groupe de travail de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sur l’huile de palme. « Ce que nous essayons de dire et de faire comprendre au public est que toutes les matières premières agricoles posent leurs propres problèmes ».

Pour le collectif Sauvons la forêt, il s’agit surtout de consommer des plantes oléagineuses qui poussent en Europe comme l’olive, le colza et le tournesol. « Acheter des aliments locaux permet non seulement d’éviter des méthodes de culture douteuses mais aussi des milliers de kilomètres de transport à travers le monde », note le collectif. 

Marina Fabre, @fabre_marina





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