[Revue de presse] Tensions Grèce-Turquie : Athènes demande un sommet d’urgence de l’Union européenne


Revue de presse
12.08.2020

L’envoi d’un navire sismique turc en Méditerranée orientale ravive les tensions entre Athènes et Ankara. Le Premier ministre grec a appelé ce mardi à organiser un « sommet d’urgence du Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne » consacré à la Turquie et à sa prospection d’hydrocarbures dans cette zone disputée.

Le haut représentant de l’UE, Josep Borell, appelle au dialogue face à l’escalade de tensions entre la Grèce et la Turquie. Ici, Josep Borrell et le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis le 24 juin 2020 – Crédits : Yorgos Karahalis / Commission européenne

« La Grèce souhaite un sommet d’urgence de l’Union européenne sur la Turquie« , rapporte Le Monde. Mardi 11 août, le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis a effectivement alerté les institutions européennes après qu’un navire sismique turc, l’Oruç Reis, a été envoyé dans une zone orientale de la mer Méditerranée revendiquée par Athènes. Chargé de repérer d’éventuels gisements d’hydrocarbures, celui-ci était escorté par cinq embarcations militaires turcs. Soit une « provocation » qui « menace la paix« , selon le chef du gouvernement grec cité par France info.

Et pour cause, ces explorations  se déroulent entre la Crète, Chypre et la ville turque d’Antalya. Un secteur considéré par la Grèce comme sa zone maritime exclusive car proche de l’île de Kastellórizo, ce que conteste la Turquie dont les côtes se situent 2 km plus loin. Cette expédition a provoqué une réaction immédiate de la flotte grecque, qui a dépêché « des bâtiments de guerre » pour surveiller les opérations, notent Les Echos. Signe que la tension est élevée entre les deux pays.

Guerre d’influence

C’est d’ailleurs « la deuxième fois que le gouvernement turc entreprend ces explorations » en moins d’un mois, rappelle Marianne. Mi-juillet, après l’envoi du navire sismique turc à proximité de l’île de Kastellórizo, Athènes avait déjà déployé des navires militaires, relatent Les Echos. Et après quelques jours de suspension des travaux de l’Oruç Reis, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a annoncé vendredi dernier la reprise des recherches. Une décision qui répond à la signature d’un accord maritime entre Athènes et Le Caire visant à délimiter les frontières maritimes et qui « a suscité la colère d’Ankara« , poursuit le quotidien économique.

« La découverte ces dernières années de vastes gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l’appétit des pays riverains et renforcé les tensions entre la Turquie et la Grèce » [Les Echos]. Confronté à une crise économique sévère dans son pays, le président turc « tente de s’imposer sur la scène internationale en étendant son influence » hors des frontières nationales, analyse Le Monde. Ankara cherche notamment à « s’imposer dans la ruée vers les hydrocarbures et s’affirmer comme première puissance en Méditerranée orientale », poursuit le média. Ainsi, en novembre 2019, la Turquie avait signé un accord avec le gouvernement d’accord national libyen (GAN) qui délimite les frontières maritimes bilatérales en empiétant sur des zones exclusives grecques et chypriotes. Cet accord avait suscité « la colère de la plupart des pays situés en Méditerranée orientale, Grèce en tête », note l’Orient Le Jour.

Réaction européenne

Face à la reprise des prospections turques, Athènes en appelle à l’aide européenne pour empêcher « une nouvelle escalade grave ». Un soutien qui s’est déjà avérée utile, les premières explorations de l’Oruç Reis ayant peut-être « été stoppées suite à la pression de la chancelière allemande Angela Merkel » et de la France, qui avait « envoyé des avions militaires, dont deux Rafale, sur la base de Paphos, à Chypre », analyse Marianne. Les deux pays ont condamné ce nouvel acte de provocation turc, rapporte Le Figaro.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a pour sa part déclaré ce dimanche que la situation en Méditerranée orientale était « extrêmement préoccupante », tout en insistant sur le fait qu’elle devait « être réglée par le dialogue » [Le Monde]. Face aux demandes de sanctions répétées de la Grèce,  la Commission européenne a jusqu’alors préféré privilégier le dialogue avec Ankara, expliquait déjà Euractiv en juillet dernier. Le média poursuit en rappelant que les députés du Parlement européen avaient quant à eux appelé Josep Borrell à « adopter une position plus dure à l’égard d’Ankara ».

 

 

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