Test DVD : Le tueur de l’autoroute


Le tueur de l’autoroute

Pays-Bas : 2019
Titre original : Bumperkleef
Réalisation : Lodewijk Crijns
Scénario : Lodewijk Crijns
Acteurs : Jeroen Spitzenberger, Anniek Pheifer, Willem de Wolf
Éditeur : Rimini Éditions
Durée : 1h22
Genre : Thriller
Date de sortie DVD : 10 août 2020

Hans part avec sa famille rendre visite à ses parents. Arrogant, sur les nerfs, Hans ne se maîtrise plus et conduit trop vite, agacé par ceux qui respectent les limitations de vitesse. La situation dégénère lorsqu’un mystérieux conducteur le prend en chasse. Désormais, Hans et sa famille ne sont plus en sécurité nulle part…

Le film

[3,5/5]

Vous ne serez plus jamais tranquille dans votre voiture, car tapi dans l’ombre se cache… Le tueur de l’autoroute ! [musique tonitruante et cris d’effroi] Sous ce titre français gentiment 80’s se cache en réalité Bumperkleef, un des rares films en provenance des Pays-Bas à avoir réussi à traverser la Belgique pour finalement arriver chez nous. Et le moins que l’on puisse dire est que l’on se réjouit de cette sortie, car comme en Espagne ou en Italie, la production cinématographique néerlandaise comporte quelques petites pépites que l’on n’a que trop peu l’occasion de découvrir dans l’hexagone. On tire donc notre chapeau à Rimini Éditions de nous permettre aujourd’hui de découvrir Le tueur de l’autoroute !

Comme l’indique assez clairement son titre français, Bumperkleef est un film de « genre ». Il s’inscrit dans une certaine tradition du thriller néerlandais initiée par le chef d’œuvre L’homme qui voulait savoir (1988), ce qui est d’autant plus flagrant que le film reprend quelques-uns des motifs les plus importants du film de George Sluizer, à savoir la station essence présente sur une aire de repos d’autoroute, et bien sûr le tueur, implacable et méthodique, présenté de la façon la plus froide et clinique qui soit.

Ce Tueur de l’autoroute, il est incarné à l’écran par le très charismatique Willem de Wolf, force de la nature et véritable géant, qui bouffe à lui seul toutes les scènes dans lesquelles il apparaît. Véritable psychopathe, il ne supporte pas l’indélicatesse de certains usagers de la route, et les punit d’une manière radicale, en les aspergeant d’acide avec un pulvérisateur. Autant dire que vous y réfléchirez deux fois avant de le dépasser en franchissant la ligne continue… Difficilement traduisible dans la langue de Molière, le titre original Bumperkleef évoque d’ailleurs l’idée d’être « collé au pare-chocs » d’un autre véhicule, ce qui en France est le plus souvent traduit par l’expression familière « collé au cul ». On admettra que s’il évacue complètement cette idée d’incivilité au volant (pourtant au cœur même du film), Le tueur de l’autoroute est tout de même un titre plus élégant.

Habilement mis en scène et proposant une montée progressive d’un sentiment de stress quasiment étouffant, Le tueur de l’autoroute table une partie de sa réussite sur une caractérisation assez fine de ses personnages principaux. Passée une courte introduction destinée à nous présenter le tueur, son gimmick verbal (« le temps des excuses est derrière nous ») ainsi que son modus operandi, le scénariste / réalisateur Lodewijk Crijns s’attarde de façon tout à fait remarquable sur le microcosme familial composé par Hans (Jeroen Spitzenberger), Diane (Anniek Pheifer) et leurs deux filles. Qu’il s’agisse des interactions entre adultes ou entre enfants, tout sonne définitivement « vrai », et ce pied solidement ancré dans le réel participera énormément à l’immersion du spectateur au cœur de l’histoire.

Le récit est ainsi lancé et poursuivra sa route à cent à l’heure jusqu’à son inévitable dénouement. Extrêmement rythmé, porté par la prestation monstrueuse de Willem de Wolf, Le tueur de l’autoroute ne trouvera ses limites que dans une suite de rebondissements peu crédibles à mi-métrage. Plongé avec les personnages dans un véritable sentiment d’urgence, le spectateur peinera en effet à « avaler » l’enchaînement de situations qui mettra finalement le tueur en possession du téléphone portable du père de famille. Dans le même état d’esprit, vapeurs toxiques ou pas, difficile également d’accepter que, portée par l’adrénaline et la terreur, la petite famille au centre du film fasse le choix d’arrêter son véhicule à quelques mètres de la camionnette du tueur alors qu’ils viennent juste de lui échapper in extremis.

Néanmoins, et même si ces deux rebondissements – certes nécessaires à la suite du récit – tendent à affaiblir un peu la portée de ce qui suivra, Le tueur de l’autoroute s’avère suffisamment rythmé et sympathique pour remporter une franche adhésion.

Le DVD

[4/5]

C’est chez Rimini Editions que débarque donc aujourd’hui Le tueur de l’autoroute en DVD, et il nous faudra d’entrée admettre que l’on est en présence d’un DVD assez épatant, jouant habilement avec les limites du support SD pour nous proposer une expérience de visionnage vraiment optimale : le master est littéralement impeccable, et s’adapte parfaitement à la photo du filme signée Bert Pot : définition et couleurs sont superbes et assez irréprochables, composant parfaitement avec un tournage essentiellement fait en en basse lumière. Côté enceintes, VF et VO néerlandaise s’imposent dans des mixages Dolby Digital 5.1 très dynamiques, avec une spatialisation qui explose littéralement dans le dernier tiers du film. On notera également la présence d’un mixage stéréo en Dolby Digital 2.0 dans les deux langues, anecdotique mais probablement plus clair si vous ne bénéficiez pas de Home Cinema et visionnez le DVD le plus simplement du monde sur votre téléviseur.

Du côté des suppléments, on trouvera la traditionnelle bande-annonce du film.



Critique film

A lire aussi

Laisser un commentaire