L’Italie assouplit les conditions de recours à la pilule abortive



Le recours à l’avortement en Italie reste compliqué car de nombreux gynécologues invoquent l’objection de conscience pour ne pas le pratiquer.

« Le dernier tabou tombe. » Le gouvernement italien a décidé d’assouplir les conditions d’utilisation de la pilule abortive, annonce samedi 8 août le quotidien La Repubblica (en italien). Les femmes pourront désormais y recourir sans hospitalisation. Selon cette information exclusive en une du journal de centre-gauche, les nouvelles recommandations du ministère de la Santé permettront aux femmes souhaitant avorter d’avoir recours à la pilule RU486 en ambulatoire, alors que jusqu’ici trois jours d’hospitalisation étaient recommandés. 

Interrogé par La Repubblica, le ministre de la Santé, Roberto Speranza, a défendu son choix : « Les arguments scientifiques sont très clairs. Le Conseil supérieur de la Santé et les sociétés de gynécologie et d’obstétrique ont exprimé un avis favorable. Ces nouvelles recommandations représentent un progrès important ». La pilule abortive représente actuellement 20% des avortements, la méthode chirurgicale étant la plus répandue.

En Italie, pays de tradition catholique, l’avortement a été légalisé en 1978, mais son recours reste compliqué car 70% des gynécologues invoquent l’objection de conscience pour ne pas le pratiquer, rappelle Le Monde. La décision du gouvernement italien permet aussi de mettre fin aux disparités entre régions, compétentes en matière de santé. En juin, une polémique a éclaté lorsque la présidente de la région Ombrie (Centre), Donatella Tesei, membre de la Ligue (extrême droite), a interdit le recours à la pilule abortive sans hospitalisation. Cette décision, condamnée par les partis de gauche, avait entraîné des manifestations de plusieurs milliers de femmes.



francetvinfo

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